Home NouvellesBad Bunny au Super Bowl : La polémique anti-ICE et la réaction de la droite américaine

Bad Bunny au Super Bowl : La polémique anti-ICE et la réaction de la droite américaine

Bad Bunny, entre hymne à la diversité et polémiques à la veille du Super Bowl

Los Angeles, Californie – Bad Bunny, le chanteur portoricain devenu une icône mondiale de la musique latine, s’apprête à enflammer la scène du halftime show du Super Bowl ce dimanche. Une performance qui, au-delà de l’événement sportif, prend une dimension politique et culturelle, ravivant les tensions autour de l’immigration et de l’identité américaine.

L’annonce de sa participation a déclenché une vague de réactions, allant de l’enthousiasme des fans à la virulente opposition de figures de la droite américaine. Le Grammy Award qu’il a reçu le 1er février pour son album “Debí Tirar Más Fotos”, le premier album entièrement en espagnol à remporter cette prestigieuse récompense, n’a pas calmé les esprits.

La polémique a pris racine avec des accusations infondées sur son statut d’Américain. Tomi Lahren, commentatrice politique conservatrice, a affirmé en septembre dernier, dans son émission Tomi Lahren is Fearless (voir vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=pLZJUr7rxMM), que Bad Bunny n’était pas un artiste américain. Une affirmation rapidement démentie : le chanteur est citoyen américain de naissance, étant originaire de Porto Rico. Lahren a ensuite nuancé ses propos, arguant que ses critiques envers l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et son refus de se produire aux États-Unis le rendaient “non-américain” (voir clarification sur Facebook : https://www.facebook.com/watch/?v=4352867568332819). Bad Bunny avait précédemment exprimé ses inquiétudes quant à la présence d’agents de l’ICE aux abords de ses concerts, craignant qu’ils ne ciblent ses fans.

Mike Johnson, le président de la Chambre des représentants, a également exprimé son désaccord, estimant dans une interview à Migrant Insider (voir : https://youtu.be/7FiWnDXaYP4?si=eM1qxCHXJ8mvBQE-&t=154) que Bad Bunny n’était pas un artiste susceptible d’attirer un large public et qu’il aurait préféré voir des figures comme Lee Greenwood, dont la chanson “God Bless the USA” est le morceau d’entrée en scène de Donald Trump.

Ces critiques ignorent l’immense popularité de Bad Bunny. En 2025, il a été l’artiste le plus écouté sur Spotify à l’échelle mondiale, accumulant près de 19,8 milliards de streams (voir : https://newsroom.spotify.com/2025-12-03/wrapped-bad-bunny-top-artist-album/).

Roger Goodell, le commissaire de la NFL, a défendu le choix de Bad Bunny, soulignant sa popularité et sa capacité à rassembler les gens (voir : https://www.cnn.com/2026/02/02/sport/football-roger-goodell-bad-bunny-green-day-analysis).

L’ancien président Donald Trump a lui-même annoncé qu’il boycotterait le Super Bowl en raison de la présence de Bad Bunny et du groupe Green Day, dénonçant un “semis de haine” (voir : https://nypost.com/2026/01/24/us-news/trump-tells-the-post-hes-skipping-the-super-bowl-slams-halftime-performers-bad-bunny-and-green-day/). Cette “haine” fait référence aux critiques de Bad Bunny envers les politiques de l’administration Trump en matière d’immigration et de traitement des minorités. Lors de son discours de remerciement aux Grammy Awards, il a déclaré : “Si nous nous battons, nous devons le faire avec amour. Nous ne les haïssons pas. Nous aimons notre peuple. Nous aimons notre famille.”

Les critiques envers l’ICE sont largement partagées aux États-Unis. Un sondage récent de Marist College, publié fin janvier, révèle que 65% des Américains estiment que l’agence a “dépassé les bornes” dans l’application des lois sur l’immigration (voir : https://maristpoll.marist.edu/polls/the-actions-of-ice-february-2026/).

La situation a conduit à l’organisation d’un contre-événement, “The All-American Halftime Show”, avec Kid Rock, sponsorisé par Turning Point USA, un groupe conservateur. Cependant, cet événement alternatif a déjà connu des désistements, le groupe Shinedown ayant annoncé son retrait pour éviter de “créer davantage de divisions” (voir : https://www.instagram.com/p/DUaz0A1kXqt/?hl=en).

La NFL a assuré que des agents de l’ICE ne seraient pas présents au Super Bowl, malgré les déclarations antérieures de responsables du département de la Sécurité intérieure (voir : https://www.espn.com/nfl/story/_/id/47818353/nfl-says-ice-not-federal-agencies-super-bowl-lx).

Au-delà du spectacle, la performance de Bad Bunny au Super Bowl est donc un symbole fort. Elle met en lumière les fractures profondes qui traversent la société américaine, notamment sur les questions d’immigration, d’identité et de diversité culturelle. Elle rappelle également le pouvoir de la musique comme vecteur de contestation et d’expression des identités marginalisées.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.