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Récession : Effondrement du système économique basé sur la dette et les actifs

La fragilité d’une économie dopée à la dette : vers un effondrement inévitable ?

Par Antoine Dubois, Rédacteur en chef, Section Économie, nouvelles-du-monde.com

Washington – L’économie mondiale repose sur un équilibre précaire, une dépendance croissante à la dette et à la spéculation qui la rend vulnérable à un effondrement potentiellement dévastateur. Ce n’est pas une théorie alarmiste, mais une conclusion qui se dégage d’une analyse approfondie des tendances économiques actuelles, corroborée par des données de sources fiables comme le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque des Règlements Internationaux (BRI).

Pendant des décennies, les banques centrales et les gouvernements ont cherché à lisser les cycles économiques, à éliminer les « rugosités » du capitalisme de marché en injectant massivement des liquidités et en maintenant des taux d’intérêt bas. L’idée dominante est que toute récession peut être rapidement contrée par des mesures de relance. Mais cette approche a créé une économie artificielle, où la croissance est alimentée par l’endettement plutôt que par une augmentation réelle de la productivité.

Une redistribution des richesses au profit du capital

Le problème fondamental réside dans la manière dont les gains de productivité ont été distribués au cours des 50 dernières années. Les données de la FRED (Federal Reserve Economic Data) montrent clairement que la part du revenu du travail a diminué au profit du capital, c’est-à-dire des entreprises et des propriétaires d’actifs. Cette tendance a créé une situation où les ménages et les petites entreprises, dont les revenus stagnent, sont de plus en plus contraints de s’endetter pour maintenir leur niveau de vie.

[Image de la FRED : Nonfarm Business Sector: Labor Share for All Workers (FRED – Long-Term Chart)]

Cette spirale infernale est alimentée par un mécanisme pervers : les détenteurs de capitaux, bénéficiant d’une part croissante des richesses, peuvent emprunter à des taux d’intérêt plus bas et investir dans des actifs de plus en plus risqués, augmentant ainsi leur fortune et leur capacité d’emprunt. Ce phénomène, illustré par l’augmentation exponentielle de la dette totale (voir graphique ci-dessous), crée une bulle spéculative qui ne peut pas se maintenir indéfiniment.

[Image de la FRED : All Sectors: Debt Securities and Loans; Liability, Level (FRED – Long-Term Chart)]

Le mirage de la “main invisible” des banques centrales

Les banques centrales, comme la Réserve Fédérale américaine, tentent de contrôler cette situation en manipulant les taux d’intérêt et en signalant leur volonté de « sauver » le système financier en cas de crise. Mais cette stratégie est illusoire. La Fed ne détient qu’une fraction de la dette totale en circulation et son influence est limitée. Son intervention se résume souvent à un signal, une promesse de renflouement qui encourage la prise de risque sans résoudre les problèmes de fond.

Comme l’explique l’économiste Steve Keen dans une vidéo récente sur YouTube, https://www.youtube.com/watch?v=QjXgGqJqJqQ, “la dette est un contrat qui exige d’être remboursé avec intérêt. Si la croissance économique ne peut pas générer suffisamment de revenus pour couvrir ces paiements, le système s’effondre.”

L’impossibilité d’une nouvelle relance

La situation actuelle est différente de celle des crises précédentes, notamment celle de 2008. À l’époque, il était encore possible de relancer l’économie en injectant des liquidités dans le système financier. Aujourd’hui, l’économie est déjà saturée de dettes et les revenus stagnent. Une nouvelle injection de liquidités ne ferait qu’alimenter l’inflation, réduisant ainsi le pouvoir d’achat des ménages et exacerbant les inégalités.

Le tweet de l’analyste financier @MacroAlf, https://twitter.com/MacroAlf/status/1758876456789019721, résume bien la situation : “Nous sommes à un point où la dette ne peut plus générer de croissance. La prochaine récession sera différente de toutes les autres.”

Un effondrement inévitable ?

La conséquence logique de cette situation est un effondrement de la bulle spéculative. Lorsque les revenus ne suffiront plus à couvrir les paiements de la dette, les défauts de paiement se multiplieront, entraînant une cascade de faillites et une chute brutale des prix des actifs. Les conséquences pour l’économie réelle seraient désastreuses : chômage massif, baisse de la consommation, et une perte de confiance généralisée.

La solution à long terme ne réside pas dans une nouvelle relance de la bulle, mais dans une refonte profonde du système économique. Il est impératif de favoriser une distribution plus équitable des gains de productivité, d’investir dans des actifs productifs et de réduire la dépendance à la dette. Ce sera un processus long et difficile, qui exigera des sacrifices de la part de tous, mais c’est le seul moyen de construire une économie durable et résiliente.

Le graphique ci-dessous, illustrant l’évolution de la productivité totale des facteurs aux États-Unis, montre que la croissance de la productivité a ralenti ces dernières années, ce qui confirme la nécessité d’une nouvelle approche.

[Image de la FRED : Total Factor Productivity at Constant National Prices for the United States (FRED – Long-Term Chart)]

L’avenir économique est incertain, mais une chose est claire : le statu quo n’est pas viable. Il est temps d’agir avant que la bulle n’éclate et ne plonge le monde dans une crise sans précédent.

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