L’ancien chef des opérations d’immigration Greg Bovino relégué à un poste subalterne après une controverse
Chicago, Illinois – Greg Bovino, figure controversée de la Patrouille frontalière, a été muté de son poste de « commandant itinérant » à un poste moins important à la frontière californienne, suite à des accusations et à un incident mortel impliquant un agent sous son commandement. L’annonce, faite mardi, intervient après une période de tensions croissantes concernant les tactiques d’application de la loi en matière d’immigration à Chicago et dans ses environs.
Bovino, 55 ans, était à la tête de l’« Opération Midway Blitz », une initiative de la Patrouille frontalière et de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) qui a mené à des milliers d’arrestations et a été critiquée pour son approche agressive envers les manifestants. Des vidéos de son intervention, obtenues par NBC Chicago, montrent Bovino justifiant l’usage de la force contre ceux qui menaceraient les agents.
« Quand une violence est menacée, c’est une situation au cas par cas », a déclaré Bovino lors d’un interrogatoire dans le cadre d’un procès en violation des droits civiques. « Chaque situation est basée sur ses propres mérites, sur ce que l’agent voit et ce genre de choses. Mais menacer un agent des forces de l’ordre est illégal. »
L’interrogatoire, qui a servi de base à cet article, révèle également les types d’infractions qui, selon Bovino, justifient une intervention : « Enlever des masques, donner des coups de pied aux agents, saisir les parties génitales des agents, aider et encourager des prisonniers à s’échapper, tirer des feux d’artifice, poignarder et entailler les pneus avec des armes, lancer des pierres à travers les vitres des véhicules pour blesser les agents et/ou les détenus. »
L’incident qui a précipité la mutation de Bovino est le tir mortel d’Alex Pretti, un observateur de manifestations et infirmier, par un agent sous son commandement le week-end dernier. Bovino a immédiatement affirmé que Pretti avait l’intention de massacrer des agents fédéraux, une déclaration qui n’a pas été étayée par des preuves.
Ce cas intervient dans un contexte plus large de débat sur les tactiques de l’ICE et de la Patrouille frontalière, qui sont accusées de violations des droits civiques et d’une application excessive de la force. Selon les données de l’American Civil Liberties Union (ACLU), les plaintes pour brutalité policière impliquant l’ICE ont augmenté de 700 % au cours des cinq dernières années.
Avant de rejoindre la Patrouille frontalière en 1996, Bovino a débuté sa carrière dans les forces de l’ordre en tant qu’officier de réserve dans une petite ville de Caroline du Nord. Il a également travaillé comme géomètre.
Bovino devra prendre sa retraite de la Patrouille frontalière l’année prochaine, à l’âge de 57 ans. Il a déclaré qu’il prévoyait de retourner en Caroline du Nord et de cultiver des pommes.
L’avenir de l’« Opération Midway Blitz » et l’impact de la mutation de Bovino sur les tactiques d’application de la loi en matière d’immigration restent à voir. Ce cas soulève des questions importantes sur l’équilibre entre la sécurité des frontières et le respect des droits civiques.
