Kazakhstan : Procès imminent de 19 militants pour une protestation en faveur d’un citoyen détenu en Chine
TALDYKORGAN, Kazakhstan – Le procès de 19 militants du groupe de défense des droits humains kazakh Atajurt doit débuter le 23 janvier, soulevant des inquiétudes quant à la liberté d’expression et aux relations diplomatiques entre le Kazakhstan et la Chine. Les militants sont accusés d’incitation à la discorde ethnique et nationale, des accusations que les défenseurs des droits humains qualifient de fabriquées et politiquement motivées. Ils encourent jusqu’à dix ans de prison.
L’affaire porte sur une manifestation pacifique organisée le 13 novembre 2025 près de la frontière sino-kazakhe dans la région d’Almaty. Les manifestants, tous des Kazakhs ethniques originaires de la région autonome ouïghoure du Xinjiang en Chine (XUAR), demandaient la libération d’Alimnur Turganbay, un citoyen kazakh détenu en Chine depuis juillet 2025 pour des raisons qui restent floues.
Initialement accusés de délits mineurs tels que le « hooliganisme », les manifestants ont écopé d’amendes et de courtes peines de détention. Cependant, suite à une note diplomatique des autorités chinoises, les accusations ont été alourdies, passant à l’article 174 du Code pénal kazakh, qui criminalise l’incitation à la discorde ethnique ou nationale. Treize militants ont été placés en détention provisoire, tandis que six autres ont été assignés à résidence.
« Les autorités kazakhes doivent impérativement renoncer à l’utilisation abusive du droit pénal et faire ce que les normes internationales des droits humains exigent clairement : abandonner ces accusations infondées et libérer immédiatement tous les militants d’Atajurt », a déclaré Marie Struthers, directrice d’Amnesty International pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale. « Une manifestation pacifique n’est pas un crime simplement parce qu’elle met mal à l’aise ceux qui sont au pouvoir – même lorsque cet inconfort s’étend à déplaire un acteur géopolitique puissant comme la Chine. »
L’affaire intervient dans un contexte de répression croissante à l’encontre du mouvement Atajurt, qui documente et amplifie les témoignages de Kazakhs ethniques et d’autres minorités turcophones victimes de répression en Chine. En 2019, Serikzhan Bilash, le fondateur du mouvement, également un Kazakh ethnique originaire du Xinjiang, a été poursuivi en vertu du même article 174, l’obligeant à fuir le Kazakhstan et à chercher refuge aux États-Unis.
Le traitement réservé aux Kazakhs ethniques au Xinjiang est une source de préoccupation croissante pour le Kazakhstan, qui entretient des liens économiques et politiques étroits avec la Chine. Selon des estimations, des centaines de milliers d’Ouïghours et d’autres minorités turcophones sont détenus dans des camps de « rééducation politique » en Xinjiang, où ils sont soumis à une surveillance étroite, à une idéologisation politique et à des violations des droits humains.
Le Kazakhstan, membre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) avec la Chine, a jusqu’à présent adopté une position prudente sur la question du Xinjiang, évitant de critiquer ouvertement les politiques chinoises. Cette affaire pourrait mettre à l’épreuve ces relations délicates et susciter des appels à une plus grande transparence et à un plus grand respect des droits humains.
L’issue de ce procès sera scrutée de près par les organisations internationales de défense des droits humains et les gouvernements étrangers, qui s’inquiètent de l’érosion de l’espace civique et de la liberté d’expression au Kazakhstan. L’affaire souligne également la complexité des relations entre le Kazakhstan et la Chine, et les défis auxquels le Kazakhstan est confronté pour équilibrer ses intérêts économiques avec ses obligations en matière de droits humains.
[Intégration potentielle d’un tweet pertinent sur le sujet, par exemple, d’une organisation de défense des droits humains ou d’un journaliste couvrant la région.]
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube d’Amnesty International ou d’Human Rights Watch sur la situation au Xinjiang.]
