La Chine se positionne pour accueillir le secrétariat du traité sur les océans, en réponse au retrait américain
Xiamen, Chine – Dans une manœuvre surprenante, la Chine a proposé vendredi d’accueillir le secrétariat du nouveau traité international visant à protéger les hautes mers. Cette candidature, annoncée dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, souligne l’ambition croissante de Pékin d’exercer une influence plus importante sur la gouvernance environnementale mondiale.
Le traité, ratifié en septembre par 60 pays après des années de négociations, entrera officiellement en vigueur samedi. Il vise à établir un cadre juridique pour la protection de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des zones économiques exclusives des États, des espaces vitaux pour la santé de la planète. Jusqu’à présent, la Belgique et le Chili étaient les principaux candidats pour accueillir le secrétariat.
“La Chine a décidé de présenter la candidature de la ville de Xiamen pour accueillir le secrétariat” du traité, indique le courrier de la mission chinoise auprès des Nations Unies, dont une copie a été obtenue par l’Agence France-Presse.
Cette initiative est perçue comme un signal fort de l’intention de la Chine de jouer un rôle actif dans la définition des règles internationales, notamment dans un contexte où d’autres pays, à l’instar des États-Unis, semblent se replier sur eux-mêmes.
Un vide américain comblé par Pékin ?
L’annonce de la Chine intervient quelques jours seulement après la décision du président américain Donald Trump de retirer son pays de 66 organisations et traités internationaux, dont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ce retrait massif laisse un vide dans le leadership mondial sur les questions environnementales, que la Chine semble vouloir combler.
“C’est un mouvement notable qui signale l’intention de la Chine d’aider à façonner les règles mondiales”, a déclaré Li Shuo, directeur du China Climate Hub à l’Asia Society Policy Institute, basé à Washington.
Les océans, qui produisent la moitié de l’oxygène de la planète et jouent un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique, sont de plus en plus menacés par la surpêche, la pollution et l’exploitation des ressources marines. Le nouveau traité vise à mettre en place des mécanismes de coopération internationale pour assurer une gestion durable de ces écosystèmes fragiles.
Un défi de coordination à venir
Une fois le traité en vigueur, un organe décisionnel devra collaborer avec un ensemble d’organisations régionales et internationales déjà impliquées dans la gestion des océans, telles que les organisations régionales de pêche et l’Autorité internationale des fonds marins, qui est au cœur des débats sur l’exploitation minière en haute mer.
La candidature de Xiamen, une ville portuaire dynamique du sud-est de la Chine, pourrait permettre à Pékin d’exercer une influence significative sur la mise en œuvre du traité et de promouvoir sa vision d’une gouvernance mondiale plus équitable et inclusive.
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