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Escrache à Felipe González : étudiants condamnent la violence à l’UAM

Madrid : Étudiants universitaires divisés après une attaque violente contre un ancien Premier ministre

MADRID – L’Université Autonome de Madrid (UAM) est le théâtre de vives tensions après qu’un groupe d’étudiants a violemment interrompu une conférence donnée par l’ancien Premier ministre espagnol Felipe González et le journaliste Juan Luis Cebrián mercredi dernier. L’incident, qualifié de « escrache » (attaque publique humiliante) par les médias espagnols, a suscité une vague d’indignation et de condamnation, mais aussi des débats sur la liberté d’expression et les limites de la protestation étudiante.

L’événement s’est déroulé lors d’un forum intitulé « Société civile et changement global ». Selon des témoignages, les manifestants, dont le nombre est estimé à environ 150, ont fait irruption dans la salle de conférence, scandant des insultes et lançant des projectiles. Des sources universitaires rapportent que des objets ont été jetés, des menaces proférées et qu’un professeur de 70 ans a été agressé physiquement. Un étudiant a même affirmé avoir aperçu un couteau de cuisine, bien que cette information soit contestée par les manifestants, qui accusent les gardes du corps de González de l’avoir placé là pour les discréditer.

L’incident a provoqué une réaction immédiate de la part de la direction de l’université. La doyenne de la faculté de droit, Yolanda Valdeolivares, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour identifier et sanctionner les responsables. « Nous garantissons la sécurité, mais maintenant, il est temps d’enquêter et de recueillir des informations pour ‘adopter les mesures qui mèneront à reconnaître les responsables des faits et à accréditer leur identité, que ce soit à titre personnel ou d’association’ », a-t-elle déclaré.

En réponse à l’attaque, plus de 1 000 étudiants ont signé une pétition condamnant la violence et réaffirmant l’importance de la liberté d’expression et du dialogue sur le campus. « L’université est un espace où il doit y avoir la liberté d’expression et de dialogue, et personne ne peut subir aucune forme de violence », a déclaré un étudiant impliqué dans la collecte de signatures. Cette mobilisation étudiante souligne la division au sein de la communauté universitaire, avec une majorité d’étudiants qui rejettent la violence et soutiennent le droit à la libre expression.

Plusieurs groupes étudiants ont revendiqué la responsabilité de l’attaque. La Fédération des Étudiants Libertaires (FEL), une organisation anarchiste présente dans plusieurs universités madrilènes, a publié un message sur Twitter se réjouissant de l’incident, qualifiant González et Cebrián de « Capos du Régime » et affirmant que « s’en prendre à deux Capos du Régime a des conséquences ». Izquierda Castellana, un groupe antifasciste, était également impliqué dans l’organisation de la manifestation.

Les enquêteurs se concentrent également sur le rôle de l’association étudiante Habeas Corpus, une organisation autoproclamée antifasciste et anticapitaliste, dont le siège se trouve dans la faculté de droit. Des étudiants ont témoigné que des membres de Habeas Corpus étaient parmi les manifestants. Les membres de l’association nient toute implication directe dans l’organisation de l’attaque, mais reconnaissent que certains de leurs membres ont pu y participer à titre individuel.

Cet incident s’inscrit dans un contexte plus large de tensions politiques et sociales en Espagne. Les escraches contre des personnalités politiques et médiatiques sont devenus de plus en plus fréquents ces dernières années, alimentés par la crise économique, les inégalités sociales et la montée des mouvements contestataires. Le gouvernement espagnol a condamné la violence et appelé à la fin de ces actes, soulignant l’importance de respecter les institutions démocratiques et le droit à la libre expression.

L’affaire a également soulevé des questions sur la sécurité sur les campus universitaires et la nécessité de trouver un équilibre entre la liberté d’expression et la protection des individus contre la violence et les menaces. La direction de l’UAM a annoncé qu’elle renforcerait les mesures de sécurité et qu’elle collaborerait avec les autorités policières pour prévenir de futurs incidents.

L’incident de Madrid est un rappel brutal des défis auxquels sont confrontées les universités dans un contexte de polarisation politique croissante. Il souligne la nécessité d’un dialogue ouvert et respectueux, ainsi que de la protection des droits fondamentaux de tous les membres de la communauté universitaire.

Lien vers l’article original sur ABC

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