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Budget britannique : Rachel Reeves prête à rompre sa promesse sur les impôts

Budget britannique : Rachel Reeves face à un dilemme entre promesses fiscales et pression sociale

À l’approche de son premier budget crucial le 26 novembre, la chancelière de l’Échiquier, Rachel Reeves, navigue en eaux troubles. Elle prépare l’opinion publique à un potentiel reniement d’une promesse électorale sur les impôts, tout en cédant à la pression de son propre parti pour abolir une mesure d’austérité controversée.

Un ajustement fiscal qui fait grincer des dents

La pièce maîtresse du projet de Rachel Reeves, selon des sources proches des préparatifs budgétaires, serait une manœuvre fiscale complexe visant à stabiliser les finances publiques sans alarmer les marchés. Il s’agirait d’augmenter l’impôt sur le revenu de deux pence par livre, une hausse immédiatement compensée par une réduction équivalente des cotisations sociales (National Insurance Contributions, NICs).

Cette approche constituerait une rupture directe avec l’engagement du Parti travailliste, pris lors des élections de 2024, de ne pas augmenter les trois principaux impôts : l’impôt sur le revenu, la TVA et les NICs.

Concrètement, la plupart des salariés ne verraient pas de différence sur leur fiche de paie. Cependant, les retraités et les propriétaires immobiliers, qui ne paient pas de cotisations sociales, subiraient une augmentation nette de leur charge fiscale.

« Ce que j’ai promis pendant la campagne électorale, c’est de ramener la stabilité à notre économie », a déclaré Mme Reeves, ajoutant : « et ce que je peux promettre maintenant, c’est que je ferai toujours ce que je pense être juste pour notre pays, pas le choix politiquement facile ». La chancelière insiste sur le fait que l’alternative — des coupes drastiques dans les investissements d’infrastructure — freinerait la croissance à long terme, un risque qu’elle refuse de prendre.

La fin du plafond des deux enfants ?

Parallèlement, dans un geste visant à calmer la grogne au sein du Parti travailliste, la chancelière a envoyé un « signal clair de son intention » de supprimer le plafond de deux enfants pour les prestations sociales. Cette politique, mise en place par un gouvernement précédent, limite les aides sociales aux deux premiers enfants d’une famille, une mesure qui affecte de plus en plus de ménages chaque année.

Selon l’Institut d’études fiscales (IFS), un organisme de recherche indépendant, cette politique prive les familles de 3 455 £ par an pour chaque enfant supplémentaire ifs.org.uk. Sans réforme, 670 000 enfants de plus seraient touchés d’ici la fin de la prochaine législature.

Le changement de ton de Mme Reeves est notable. « Je ne pense pas qu’il soit juste qu’un enfant soit pénalisé parce qu’il fait partie d’une famille plus nombreuse, sans que ce soit de sa faute », a-t-elle affirmé. Cette inflexion est perçue comme une victoire pour l’aile gauche du parti et les organisations caritatives, qui alertent sur le fait que le maintien de ce plafond ne ferait qu’aggraver la pauvreté infantile independent.co.uk.

L’unité du parti à l’épreuve

En coulisses, la tension est palpable. Si la suppression du plafond des deux enfants est saluée par de nombreux députés travaillistes, comme Emily Thornberry qui se félicite de la fin de cette « restriction cruelle », la perspective d’une promesse fiscale rompue provoque la colère.

« Nous nous faisons matraquer dans nos boîtes mail par des ‘travailleurs’ qui nous disent que vous aviez promis de ne pas nous toucher », confie un député. Un autre qualifie la hausse de l’impôt sur le revenu de « tactiquement suicidaire », suggérant que des taxes sur la fortune ou sur les plus-values seraient politiquement moins dangereuses.

Cette fronde n’est pas nouvelle et illustre les frictions constantes entre la chancelière et une partie de sa base, qui lui reproche une orthodoxie budgétaire trop stricte inews.co.uk. Certains observateurs suggèrent que le Premier ministre, Keir Starmer, serait personnellement intervenu pour encourager Mme Reeves à faire une concession sur les aides sociales, dans l’intérêt de l’unité du parti.

Le budget du 26 novembre s’annonce donc comme un exercice de haute voltige. Rachel Reeves doit convaincre les marchés de son sérieux budgétaire, rassurer son parti sur sa conscience sociale et justifier auprès des électeurs un choix qui, quel qu’il soit, laissera des mécontents.

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