Urgence : Le système de visas Schengen entrave le travail vital des défenseurs des droits humains, révèle Amnesty International
Bruxelles, Belgique – Un nouveau rapport d’Amnesty International dénonce les obstacles croissants rencontrés par les défenseurs des droits humains (DDH) pour obtenir un visa schengen, compromettant leur capacité à mener des missions essentielles et à protéger les droits fondamentaux à travers l’Europe et au-delà. L’organisation appelle à une réforme urgente du système, pointant du doigt une discrimination potentielle et des procédures excessivement lourdes.
En juin 2024, la Commission européenne a publié une version révisée du Manuel des visas de l’UE, incluant des directives pour faciliter les demandes de visa des DDH. Amnesty International salue cette initiative, mais insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre effective et d’une formation adéquate des agents de visa, y compris ceux travaillant pour des prestataires externes.
“La révision du manuel est un pas dans la bonne direction, mais elle ne suffit pas,” déclare Amnesty International. “Il est crucial que les États de l’espace Schengen garantissent que ces nouvelles directives soient largement diffusées et appliquées de manière cohérente.”
L’organisation plaide également pour une collecte systématique de données ventilées sur la race et l’origine ethnique des demandeurs de visa afin de détecter et de corriger les discriminations potentielles. Elle propose la mise en place d’une procédure de visa simplifiée pour les DDH, incluant un traitement accéléré des demandes et la délivrance plus fréquente de visas de longue durée à entrées multiples. Ces derniers permettraient aux défenseurs de voyager rapidement en cas d’urgence sans être constamment confrontés à des obstacles administratifs.
Comprendre l’espace Schengen et les enjeux des visas
L’espace schengen, qui comprend 29 pays (dont la majorité des États membres de l’UE, ainsi que la Suisse et la Norvège), est régi par un code des visas commun pour les séjours de courte durée. Les DDH dépendent de ces visas pour assister à des réunions, mener des enquêtes, fournir un soutien aux victimes de violations des droits humains et plaider pour le changement.
Les challengingés d’obtention de visa ont un impact direct sur la capacité des organisations à mener à bien leur travail. Amnesty International a mené des entretiens avec 42 organisations internationales et recueilli les témoignages de 32 DDH qui ont directement subi les conséquences de procédures de visa complexes et souvent arbitraires.
Un problème structurel et persistant
Les retards, les refus injustifiés et le manque de transparence dans le processus de visa sont des problèmes récurrents. Les DDH, en particulier ceux travaillant sur des questions sensibles ou dans des pays considérés comme “à risque”, sont souvent soumis à un examen plus approfondi et à des exigences documentaires supplémentaires.
La délivrance de visas à entrées multiples, qui permettent aux DDH de voyager plus facilement et de répondre rapidement aux situations d’urgence, reste exceptionnellement rare. Cela crée une charge administrative importante et peut retarder des interventions cruciales.
amnesty International appelle les États Schengen à reconnaître le rôle essentiel des DDH et à adapter leurs politiques de visa en conséquence, garantissant ainsi que ces acteurs clés puissent continuer à exercer leur travail vital en toute sécurité et efficacité. La liberté de mouvement des défenseurs des droits humains est un indicateur clé de l’engagement d’un pays envers les droits fondamentaux et la démocratie.
