Philippines : Scandale des inondations à Bulacan, des responsables de DPWH et d’entreprises pointés du doigt
Manille, Philippines – Une enquête menée par la commission d’Audit des Philippines (COA) a révélé des irrégularités majeures dans la gestion de projets de défense contre les inondations dans la province de Bulacan, conduisant à la mise en cause de plusieurs responsables du Département des Travaux Publics et des Highways (DPWH) et de plusieurs entreprises de construction. L’affaire, qui a été ordonnée par le président Ferdinand Marcos Jr. suite à des plaintes concernant des “projets fantômes” et des travaux de qualité inférieure, pourrait déboucher sur des poursuites pour corruption et malversation.
L’audit a mis en évidence des lacunes significatives dans la mise en œuvre de projets cruciaux, notamment des segments de défense contre les inondations qui n’étaient pas reliés au reste du système, compromettant ainsi leur efficacité. Des sommes considérables ont été versées à des entreprises sans que des travaux correspondants ne soient réalisés sur le terrain.
Parmi les personnes inculpées figurent des hauts responsables du DPWH, dont Ernesto Galang (planification et chef de la conception), Lorenzo Pagtalunan (officier de section d’entretien), Norberto Santos (chef de l’assurance qualité), ainsi que des représentants de l’entreprise St. timothy MA., Angeline Rimando, et des membres du conseil d’administration et des officiers de la compagnie.
Un projet spécifique de 55,7 millions de pesos (environ 1 million de dollars américains) à Baliuag a été particulièrement épinglé. L’audit a révélé qu’aucun signe de construction n’était visible sur le site, malgré le paiement intégral à l’entreprise Syms Construction Trading au 30 juin 2025. L’emplacement initialement identifié par le DPWH-Bulacan 1er DEO ne correspondait pas aux plans approuvés, et les documents justificatifs requis n’ont pas été soumis à la COA.
Les inspecteurs de la COA ont finalement localisé le site correct, mais ont constaté que le contrat chevauchait un autre projet et qu’aucune construction n’avait été effectuée.Les responsables de Syms,dont Alcantara,Hernandez,Mendoza,Juanito Mendoza,Jolo Mari,Lemuel Ephraim Sd Roque,John Michael Ramos,Galang,Arjay Domasig et Sally Santos,sont également sous le feu des critiques.
Le président de la COA, Gamaliel Cordoba, et le secrétaire aux travaux publics, Vince Dizon, ont présenté les rapports d’audit, soulignant leur potentiel à étayer des poursuites judiciaires.Contexte et implications :
Les Philippines sont particulièrement vulnérables aux inondations, exacerbées par le changement climatique et une infrastructure souvent inadéquate.Les projets de défense contre les inondations sont donc essentiels pour protéger les populations et les économies locales. Ce scandale met en lumière les défis persistants de la corruption et du manque de transparence dans les marchés publics philippins, qui peuvent compromettre la sécurité et le bien-être des citoyens.L’affaire de Bulacan pourrait servir de catalyseur pour des réformes plus larges visant à renforcer la gouvernance et la responsabilité dans le secteur de la construction et de l’infrastructure. Le gouvernement philippin s’est engagé à lutter contre la corruption et à améliorer la qualité des infrastructures, et cette enquête représente une étape importante dans cette direction.
