La ménopause, un frein économique croissant pour les femmes et les économies mondiales
MEXICO CITY/ZURICH – La participation croissante des femmes au marché du travail et l’évolution démographique mondiale ont conduit à une présence record de femmes d’âge moyen dans la population active. Nombre d’entre elles ont déjà surmonté ou sont en train de dépasser le « pénalité de maternité », cette perte de revenus et ces interruptions de carrière bien documentées liées à la transition vers la maternité. Pourtant, un problème majeur demeure : le terrain de jeu n’est pas nivelé. À mesure que les femmes atteignent le milieu de leur vie, elles se heurtent à un nouvel obstacle biologique : la ménopause.
Longtemps tabou et insuffisamment étudié, l’impact économique et social de la ménopause commence enfin à être mesuré. Les premières estimations laissent entrevoir un coût potentiellement très élevé pour la société.
Alors que les femmes représentent une part grandissante de la main-d’œuvre mondiale, la ménopause et ses symptômes – bouffées de chaleur, troubles du sommeil, difficultés de concentration – peuvent entraîner une baisse de la productivité, des arrêts de travail et, à terme, des départs anticipés du marché du travail. Une étude menée à Mexico a révélé que l’âge moyen de la ménopause est d’environ 47,8 ans, et que les bouffées de chaleur sont le symptôme le plus fréquemment rapporté (70,9%).
L’impact économique de cette situation est considérable. La perte de productivité, les coûts de santé liés à la gestion des symptômes et la diminution des revenus des femmes affectées pèsent sur les budgets publics et ralentissent la croissance économique.
Il est crucial que les gouvernements et les entreprises prennent conscience de ce problème et mettent en place des politiques et des mesures pour soutenir les femmes en période de ménopause. Cela pourrait inclure un meilleur accès aux soins de santé, des aménagements de travail adaptés et une sensibilisation accrue aux défis auxquels sont confrontées les femmes d’âge moyen.
L’investissement dans la santé des femmes en période de ménopause n’est pas seulement une question de justice sociale, c’est aussi une nécessité économique. Ignorer ce problème reviendrait à sacrifier le potentiel d’une part importante de la population active mondiale.
