Le Premier ministre slovaque Robert Fico a appelé, le 5 juillet au château de Devín, à un retour aux fondements culturels et spirituels de la Slovaquie. Lors des célébrations de la fête des saints Cyrille et Méthode, il a annoncé l’intégration d’une section dédiée aux valeurs chrétiennes et à la paix dans le document stratégique Vision Slovaquie 2040.
L’intégration des valeurs dans la Vision Slovaquie 2040
Le gouvernement slovaque travaille actuellement avec l’Académie slovaque des sciences sur un document de prospective intitulé Vision Slovaquie 2040. Pour Robert Fico, les objectifs de sécurité, de souveraineté et de démocratie pour 2040 sont insuffisants s’ils ne sont pas ancrés dans un socle moral.

Le Premier ministre souhaite que ce document officialise plusieurs piliers identitaires :
- La mise en avant des traditions chrétiennes.
- La promotion d’une culture de la paix et le refus de soutenir toute guerre.
- Une orientation pro-européenne respectant la souveraineté des États.
- Le rôle de la Slovaquie comme pont entre l’Orient et l’Occident.
- Le rétablissement du respect envers l’éducation et les personnes âgées.
Cette initiative répond, selon le chef du gouvernement, à une crise de confiance et de vérité où s’installent la haine et les fausses informations. Robert Fico a insisté sur le fait que la tolérance ne doit pas être perçue comme une faiblesse.
Critiques des élites européennes et “russophobie”
Le discours au château de Devín a pris une tournure géopolitique marquée. Robert Fico a diagnostiqué un effondrement des bases spirituelles de la civilisation occidentale, responsable de la crise actuelle au sein de "l’ الأوروبي commun".

"Les élites européennes bâtissent notre maison commune européenne sur une seule carte. Et c’est la confrontation et la russophobie.
Pour le Premier ministre, ces récits de confrontation sont des mécanismes de défense psychologique d’élites "perdues dans un labyrinthe de préjugés et de peur". Il a interrogé la nécessité de passer par la confrontation pour réaliser que la survie de l’Europe dépend de la capacité à relier l’Est et l’Ouest.
La polémique sur le coût des célébrations
L’événement, réservé aux invités et fermé au public, a suscité une vive controverse politique. Selon Postoj**, le coût total des festivités a atteint 320 000 euros.
L’opposition a qualifié ces dépenses de "show propagandiste" et de "papalášske" (excessives/élitistes), surtout en période de consolidation budgétaire. Le parti SaS a même saisi l’Office suprême de contrôle pour examiner la gestion financière. Parmi les détails financiers révélés, le journal SME rapporte que 26 000 euros ont été versés à Marián Čekovský et son épouse Nataša Čekovská pour leur prestation musicale.
Robert Fico a rejeté ces critiques en les comparant à celles de l’opposition, affirmant que certains avaient "jeté 12 millions d’euros par la fenêtre" lors d’un référendum qualifié de "absurde".
Identité nationale et révisions constitutionnelles
Le Premier ministre a utilisé la symbolique des saints Cyrille et Méthode pour rappeler la profondeur historique de l’État slovaque, citant la Grande Moravie comme l’entité étatique la plus puissante d’Europe centrale au IXe siècle. Il a souligné que l’établissement du vieux-slave comme quatrième langue liturgique a permis aux ancêtres slovaques de devenir des "co-créateurs de l’histoire".

Ce rappel historique a servi de transition vers la défense des récentes modifications constitutionnelles. Robert Fico a mentionné la définition du mariage et la primauté du droit slovaque sur le droit international en matière d’identité nationale. Il a averti qu’un effort considérable serait nécessaire pour protéger ces actes juridico-constitutionnels dans la période à venir.
"Dieu nous a faits divers. Oui, c’est vrai, en Slovaquie vivent aussi des gens qui ne souhaitent pas cet État. Ils ne veulent pas que nous soyons co-créateurs de l’histoire. Ils veulent seulement que nous soyons des objets de l’histoire et rien d’autre.
L’événement a réuni environ trois cents invités, dont le président Peter Pellegrini, le président du Parlement Richard Raši, ainsi que des ambassadeurs et des représentants ecclésiastiques.
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