Le ministre du gouvernement de l’Uttar Pradesh, Om Prakash Rajbhar, a affirmé ce 17 juin 2026 que le Samajwadi Party (SP) ferait face à une scission imminente. Selon ces déclarations, plusieurs élus auraient sollicité un rapprochement avec le BJP, sur fond d’enquêtes judiciaires visant des scandales miniers et de gestion de fonds publics.
Les allégations d’Om Prakash Rajbhar sur une scission du Samajwadi Party
Le climat politique en Uttar Pradesh s’est tendu ce mercredi après les déclarations d’Om Prakash Rajbhar, président du Suheldev Bharatiya Samaj Party (SBSP) et ministre au sein du gouvernement dirigé par le BJP. S’exprimant devant la presse, le ministre a soutenu que le Samajwadi Party était au bord d’un effondrement interne majeur.

Selon Loksatta, M. Rajbhar a affirmé que le leader du SP, Ramgopal Yadav, aurait adressé une lettre au ministre de l’Intérieur, Amit Shah, contenant une liste de députés souhaitant rejoindre la coalition au pouvoir.
“Ne vous contentez pas d’observer les développements au Maharashtra, c’est maintenant au tour de l’Uttar Pradesh. Ramgopal Yadav a écrit une lettre au ministre de l’Intérieur Amit Shah. Dans cette lettre, il a mentionné les noms de certains députés du SP et a demandé : ‘Intégrez ces députés avec vous'”, a déclaré Om Prakash Rajbhar, via ABP Majha.
Le rôle des enquêtes judiciaires dans les tensions politiques
La pression des autorités semble être au cœur de cette stratégie, selon les propos tenus par les représentants de la majorité. Le ministre Rajbhar a explicitement lié ces rumeurs de défection à l’avancement des enquêtes sur des affaires de corruption financière. Il a notamment cité le scandale minier et celui du projet « Gomti Riverfront », suggérant que les dirigeants du SP cherchent à se protéger des poursuites judiciaires.

“Le CBI a cité le nom d’Akhilesh dans l’affaire du scandale minier. Quelqu’un est-il allé en prison pour le scandale du Gomti Riverfront ?”, a interrogé le ministre, cité par Loksatta.
Le scandale minier mentionné fait référence à des dossiers de longue date impliquant l’octroi illégal de concessions minières dans plusieurs districts de l’Uttar Pradesh. Le projet « Gomti Riverfront », quant à lui, concerne le réaménagement des berges de la rivière Gomti à Lucknow, un chantier ayant fait l’objet de multiples audits en raison de dépassements de coûts substantiels et d’irrégularités présumées dans les appels d’offres. Ces affaires, suivies de près par le Bureau central d’enquête (CBI) et la Direction de l’application de la loi (ED), constituent un levier politique récurrent dans le paysage législatif de l’État.
De son côté, le vice-ministre en chef Keshav Prasad Maurya a ajouté une dimension numérique à ces prédictions. Comme l’a rapporté Maharashtra Times, M. Maurya a affirmé que 25 à 26 députés du Samajwadi Party seraient prêts à changer de camp avant les élections législatives de 2027. Il a précisé que, contrairement aux accusations de déstabilisation forcée, ces élus quitteraient le parti de leur propre initiative.
La réponse du Samajwadi Party et contexte politique
Face à ces accusations, le Samajwadi Party a adopté une posture de déni catégorique. Le porte-parole national du parti, le Dr Anurag Bhadoria, a qualifié ces propos de manœuvres sans fondement destinées à masquer les difficultés électorales du BJP.

“Je ne sais pas ce qui est arrivé à Rajbhar. Il fait des déclarations totalement infondées et sans faits concernant le Samajwadi Party”, a déclaré le Dr Bhadoria, selon les informations relayées par Loksatta.
Le porte-parole Sunil Sajan a renchéri en soulignant les résultats électoraux de 2024, affirmant que le SP avait réussi à réduire l’influence du BJP dans l’État et qu’il visait désormais une victoire complète lors du scrutin de 2027. Pour le parti d’opposition, ces déclarations d’Om Prakash Rajbhar ne sont qu’une tentative de détourner l’attention des électeurs, alors que le climat politique reste instable dans tout le pays, marqué par des recompositions fréquentes au sein des partis régionaux, comme l’ont noté Saam Tv et d’autres observateurs du paysage politique indien.
Dans le système politique indien, les défections législatives sont fréquemment observées à l’approche des cycles électoraux majeurs. Ces mouvements, souvent qualifiés de « changement de camp », soulèvent régulièrement des questions sur la stabilité des alliances régionales. En Uttar Pradesh, l’équilibre des forces entre le BJP, au pouvoir, et le Samajwadi Party, principale formation d’opposition, est scruté par les analystes politiques en raison du poids démographique et électoral crucial de cet État dans la dynamique nationale.
La référence faite par le ministre Rajbhar aux événements du Maharashtra fait écho aux divisions survenues au sein de plusieurs partis régionaux au cours des dernières années, où des scissions internes ont conduit à des changements de majorité au sein des assemblées législatives. Ces précédents renforcent, aux yeux de la coalition au pouvoir, la crédibilité de leurs prédictions, tandis que l’opposition dénonce une stratégie orchestrée pour affaiblir les structures partisanes adverses par la pression institutionnelle.
À ce stade, aucune preuve matérielle, telle que la lettre évoquée par M. Rajbhar, n’a été rendue publique. Les autorités concernées, notamment le ministère de l’Intérieur, n’ont pas émis de commentaire officiel confirmant la réception d’une quelconque correspondance émanant de Ramgopal Yadav. La situation demeure donc au stade des échanges verbaux et des accusations politiques croisées dans l’attente des prochaines sessions parlementaires.
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