Chaos aéroportuaires aux États-Unis : Trump déploie l’ICE pour pallier les pénuries de personnel de la TSA
Washington – Face à des retards croissants et à des pénuries de personnel qui perturbent les voyages de printemps, le président Donald Trump a annoncé dimanche le déploiement d’agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) dans les aéroports américains. Cette décision intervient dans un contexte de blocage au Congrès concernant le financement du Département de la Sécurité intérieure (DHS).
Selon le président, les agents de l’ICE commenceront à assister les agents de la Transportation Security Administration (TSA) dès lundi. "L’ICE va se rendre dans les aéroports pour aider nos merveilleux agents de la TSA qui sont restés sur le terrain malgré le fait que les démocrates de gauche radicale, uniquement préoccupés par la protection des criminels endurcis entrés illégalement dans notre pays, mettent en danger les États-Unis en retenant l’argent qui avait été accepté il y a longtemps par des contrats signés et scellés", a déclaré M. Trump sur son réseau social Truth Social.
Un porte-parole du DHS a confirmé que le président "utilise tous les outils à sa disposition pour aider les voyageurs américains confrontés à des heures d’attente dans les aéroports du pays". L’objectif est de renforcer les efforts de la TSA et de minimiser les perturbations du trafic aérien. Tom Homan, ancien directeur de l’ICE et désormais chargé de superviser ce déploiement, a précisé que les agents de l’ICE pourraient soulager la TSA en assurant la sécurité aux entrées et sorties des aéroports, permettant ainsi à la TSA de se concentrer sur les contrôles et les tâches plus spécialisées.
La situation est critique. Samedi, plus de 3 250 employés de la TSA ont été absents du travail, et plus de 400 agents ont quitté l’agence depuis le début de la crise budgétaire. Les temps d’attente ont explosé dans plusieurs aéroports, atteignant parfois deux heures à l’aéroport George Bush Intercontinental de Houston et 80 minutes à l’aéroport Hartsfield-Jackson d’Atlanta.
Cette intervention de l’ICE a suscité des réactions mitigées. Everett Kelly, président de l’American Federation of Government Employees, qui représente les agents de la TSA, a exprimé son inquiétude, soulignant que les agents de l’ICE ne sont pas formés ni certifiés en matière de sécurité aérienne. "Remplacer des agents qualifiés par des agents non formés et armés est dangereux", a-t-il déclaré.
Elon Musk, le milliardaire, a même proposé de payer les salaires des agents de la TSA pendant la durée du blocage budgétaire, soulignant les difficultés rencontrées par les employés.
La situation est d’autant plus complexe que le Sénat a rejeté vendredi un projet de loi visant à financer le DHS et à verser les salaires des agents de la TSA. Les démocrates exigent des réformes des pratiques d’application de la loi en matière d’immigration de l’ICE, notamment des exigences de mandat de perquisition et des restrictions sur l’utilisation de masques par les agents. Les républicains, quant à eux, bloquent les tentatives des démocrates de financer individuellement les agences relevant du DHS, y compris la TSA.
Le vice-président JD Vance a dénoncé l’inaction des démocrates, accusant Chuck Schumer de "prendre en otage" le financement de la TSA.
Alors que le Congrès s’apprête à entamer une pause de deux semaines pour les vacances de Pâques, la pression monte pour trouver une solution. Le chef de la majorité sénatoriale, John Thune, a averti que les sénateurs pourraient être contraints de rester à Washington si l’impasse n’est pas résolue. La situation reste donc incertaine, et les voyageurs américains sont appelés à faire preuve de patience et à se préparer à d’éventuels retards.
