U2 brise le silence avec un EP surprise, prélude à un album en 2026
DUBLIN – U2 a créé la surprise lundi en dévoilant Days of Ash, un EP de six titres qui précède la sortie d’un nouvel album studio prévue pour fin 2026. Ce retour inattendu, décrit par le groupe comme une “réponse immédiate aux événements actuels”, témoigne de l’engagement continu de U2 envers les questions sociales et politiques.
L’EP, disponible sur les plateformes de streaming, est né d’une période de collaboration intense au studio, comme l’a confié Bono. “Il a été grisant de retrouver les quatre membres du groupe en studio au cours de l’année écoulée,” a-t-il déclaré. “Les chansons de Days of Ash sont très différentes en termes d’ambiance et de thèmes de celles que nous allons inclure sur notre album plus tard dans l’année. Ces morceaux étaient impatients de sortir, ils ne pouvaient attendre.”
Days of Ash aborde des sujets poignants et actuels. “American Obituary” rend hommage à Renee Good, victime d’une fusillade impliquant des agents de l’ICE à Minneapolis. “The Tears of Things” explore la compassion face à la violence et au désespoir, tandis que “Song of the Future” est un hommage aux femmes iraniennes luttant pour leur liberté. Deux autres titres, “One Life at a Time” et “Wildpeace”, sont particulièrement touchants : le premier est né d’un poème écrit par Awdah Hathaleen, un Palestinien tué pendant le conflit, et le second met en musique un poème de l’écrivain israélien Yehuda Amichai, interprété par Adeola de Les Amazones d’Afrique.
La collaboration sur “Yours Eternally” est également notable, avec la participation d’Ed Sheeran et de Taras Topolia, chanteur du groupe ukrainien Antytila. U2 a annoncé la sortie d’un court documentaire sur la création de ce titre, réalisé par le cinéaste ukrainien Ilya Mikhaylus, le 24 février, en commémoration du quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine.
Le groupe, connu pour son activisme depuis ses débuts, ne renie pas son engagement. “Nous n’avons jamais hésité à prendre position, même si cela peut être source de tensions,” a affirmé Larry Mullen Jr., le batteur du groupe. “C’est une part importante de qui nous sommes et de la raison pour laquelle nous continuons d’exister.”
The Edge, le guitariste, a souligné l’importance de ces convictions. “Nous croyons en un monde où les frontières ne sont pas effacées par la force, où la culture, la langue et la mémoire ne sont pas réduites au silence par la peur, et où la dignité de chaque peuple est inaliénable. Cette conviction n’est pas temporaire, ce n’est pas une mode politique. C’est le fondement sur lequel nous nous tenons, et nous y tenons ensemble.”
Pour accompagner la sortie de l’EP, U2 a relancé Propaganda, son zine légendaire, avec une édition limitée de 52 pages. Ce retour aux sources témoigne de la volonté du groupe de maintenir un lien direct et authentique avec ses fans.
Le choix de sortir Days of Ash en amont de l’album complet est stratégique. Bono explique que ces chansons étaient trop urgentes pour attendre. “Ce sont des chansons de défi et de désespoir, des chants de lamentation. Des chansons de célébration suivront, nous y travaillons actuellement. Parce que malgré l’horreur que nous voyons normalisée quotidiennement sur nos écrans, rien de tout cela n’est normal. Nous devons nous y opposer avant de pouvoir retrouver la foi en l’avenir, et les uns envers les autres.”
L’impact de la guerre en Ukraine, des conflits au Moyen-Orient et des injustices sociales aux États-Unis a clairement influencé la création de cet EP. U2, fort de plus de quatre décennies de carrière, continue de prouver que la musique peut être un puissant vecteur de changement et de sensibilisation.
