Le fermier Tristan Bennett, propriétaire de la ferme Bennett à Lower Wick (Worcester, Angleterre), signale que ses enfants ont collecté cinq sacs de déchets en une seule après-midi lors des vacances scolaires de demi-te, illustrant l’ampleur de la pollution sauvage qui s’est intensifiée depuis la levée des restrictions sanitaires. Selon lui, les berges de la rivière Teme, fréquentées par des écoliers locaux, deviennent un dépotoir à wrappers de bonbons, vêtements, bouteilles et même chaussures, avec des risques sanitaires pour le bétail.
La rivière Teme transformée en dépotoir par des écoliers en quête de divertissement
La rivière Teme, située sur les terres agricoles de Bennett, attire depuis plusieurs années des groupes d’enfants, notamment pendant les périodes de vacances. « Depuis cet été particulièrement chaud, nous sommes devenus une destination très prisée pour les écoles locales, explique Bennett. Les enfants viennent jouer près de la rivière, mais ils laissent derrière eux une quantité impressionnante de déchets. » Parmi les objets abandonnés, on trouve régulièrement des emballages alimentaires, des vêtements, des bouteilles d’alcool et même des chaussures, comme en témoignent les enfants du fermier.
« Nous avons passé environ quatre heures à ramasser les déchets, raconte l’un des enfants de huit ans. Nous avons trouvé des serviettes, des sacs plastiques, des bouteilles d’alcool, des chaussettes et une paire de chaussures. » Si les enfants abandonnent leurs affaires, comment rentrent-ils chez eux ? » s’interroge le fermier, soulignant l’irresponsabilité des visiteurs.
Les dangers sanitaires et écologiques des déchets sucrés attirant le bétail
Le problème dépasse le simple désordre : les déchets sucrés, comme les emballages de bonbons, attirent le bétail. « Quand une vache sent le sucre, elle essaie de manger le paquet, et si le plastique reste coincé dans son estomac, cela peut la tuer », avertit Bennett. Les déchets accumulés sur les berges posent aussi un risque pour la santé publique, notamment avec la prolifération des mouches et des odeurs nauséabondes.
L’épandage de lisier comme méthode dissuasive controversée
Face à l’ampleur du problème, Bennett a adopté une méthode peu conventionnelle : l’épandage de lisier de vache près des zones les plus touchées. « C’est maintenant très désagréable à marcher, et les mouches sont vraiment insupportables, précise-t-il. Les gens évitent ces endroits. » Cette approche, bien que efficace, soulève des questions sur son impact à long terme sur l’écosystème local.
Les autorités locales, comme le BBC Hereford & Worcester, ont relayé l’alerte, mais aucune mesure officielle de nettoyage ou de sensibilisation n’a encore été mise en place. Le fermier espère que son initiative pourra inciter les pouvoirs publics à agir, notamment en renforçant la surveillance et en organisant des campagnes de nettoyage participatif.
Un pic de pollution sauvage lié à la reprise des activités post-confinement
Selon Bennett, la situation s’est dégradée depuis la levée des restrictions liées à la pandémie. « Le problème semble s’être aggravé depuis le déconfinement, observe-t-il. Les gens profitent davantage de la nature, mais ne semblent pas se soucier des conséquences de leurs actes. » Cette observation rejoint des tendances plus larges, où la fréquentation accrue des espaces naturels a souvent été accompagnée d’une augmentation des déchets abandonnés.
Que faire pour inverser la tendance ?
Plusieurs pistes pourraient être explorées pour limiter ce phénomène :
- Des campagnes de sensibilisation ciblant les écoles et les familles, notamment sur les risques sanitaires et environnementaux des déchets abandonnés.
- Des points de collecte installés près des zones fréquentées, en collaboration avec les collectivités locales.
- Un renforcement des patrouilles pour dissuader les comportements irresponsables.
Pour l’instant, la ferme Bennett reste un exemple isolé de résistance à la pollution sauvage, mais son initiative pourrait inspirer d’autres propriétaires terriens confrontés au même problème.
À suivre : Les réactions des autorités locales et les prochaines étapes pour un nettoyage organisé des berges de la rivière Teme.
