L’île de Jeffrey Epstein attire désormais les touristes, malgré son passé sombre
CHARLOTTE AMALIE, îles Vierges américaines – L’île de Little Saint James, autrefois propriété du financier condamné pour agressions sexuelles Jeffrey Epstein, attire désormais des touristes, malgré son histoire macabre. Des opérateurs locaux proposent des excursions en bateau autour de l’île, vantant la qualité du snorkeling dans ses eaux cristallines, un contraste saisissant avec les accusations d’exploitation et d’abus qui ont entaché le lieu pendant des années.
L’île de 75 acres, achetée par Epstein en 1998 et surnommée “Paedophile Island”, a été le théâtre d’abus présumés sur des mineures. Elle était accessible via le tristement célèbre “Lolita Express”, l’avion privé d’Epstein, utilisé pour transporter des jeunes femmes vers son refuge caribéen. L’île est restée largement abandonnée depuis la mort d’Epstein en prison en 2019.
“Beaucoup de charters vont à Little St James/Christmas Cove et le snorkeling est bon”, a écrit un utilisateur sur le forum de voyage TripAdvisor, cité par le Mirror. Un autre voyageur a même prévu de visiter l’île en décembre, se réjouissant de la possibilité de déguster une pizza livrée par un restaurant local pendant son excursion.
L’intérêt renouvelé pour l’île coïncide avec la publication récente de plus de trois millions de documents liés à l’enquête sur Epstein par les autorités américaines. Ces documents révèlent des liens entre Epstein et de nombreuses personnalités influentes, notamment des membres de la royauté britannique, des milliardaires de la technologie et des politiciens.
Parmi les révélations les plus marquantes, des courriels de 2010 montrent que le prince Andrew a invité Epstein à dîner à Buckingham Palace et a tenté de le mettre en relation avec une jeune femme russe. Des échanges de courriels de 2013 révèlent également qu’Elon Musk, le PDG de Tesla et SpaceX, s’était renseigné sur une visite de l’île, bien qu’il ait par la suite qualifié Epstein de “creep” et nié y avoir mis les pieds. Peter Mandelson, un ancien ministre britannique, est également mentionné dans les documents, avec des preuves de transferts d’argent d’Epstein à son partenaire.
Ces révélations ont relancé le débat sur l’étendue du réseau d’Epstein et la nécessité d’une transparence totale dans les enquêtes sur les abus sexuels. Les documents publiés ne suggèrent pas de faute de la part des personnalités mentionnées, mais soulignent la nécessité d’un examen minutieux des liens entre Epstein et les élites mondiales.
L’île a été achetée en 2021 par le milliardaire Steven Deckoff, qui avait initialement prévu d’en faire un complexe hôtelier de luxe. Cependant, les plans de rénovation ont été retardés, laissant l’île dans un état de délabrement relatif.
L’attrait touristique de Little Saint James soulève des questions éthiques complexes. Certains estiment qu’il est inapproprié de transformer un lieu associé à de tels actes odieux en une destination de vacances. D’autres soutiennent que l’île peut servir de rappel poignant des horreurs commises par Epstein et de la nécessité de lutter contre la traite des êtres humains et les abus sexuels.
Le Département de la Justice américain continue d’enquêter sur les activités d’Epstein et de ses complices. La publication continue des documents liés à l’affaire devrait apporter de nouvelles informations sur l’étendue de son réseau et les victimes de ses crimes.
[Intégration potentielle d’un tweet ou d’un post Instagram lié à la publication des documents Epstein, ou à une discussion sur l’éthique du tourisme sur l’île.]
