Hydro-Québec offre depuis 2026 jusqu’à 6 700 $ d’aide financière pour l’installation de thermopompes ENERGY STAR® dans les logements éligibles, dans le cadre de son programme LogisVert, renforçant ainsi la transition énergétique québécoise.
Un coup de pouce financier pour accélérer la rénovation énergétique
Le gouvernement du Québec, via Hydro-Québec, a étendu en 2026 son programme LogisVert pour inciter les propriétaires à adopter des thermopompes, dispositifs de chauffage et de climatisation hautement efficaces. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles et à améliorer l’autonomie énergétique de la province, tout en soutenant les ménages dans leurs projets de rénovation. Les subventions, pouvant atteindre 6 700 $ par installation, sont conditionnées à l’achat d’équipements certifiés ENERGY STAR®, une norme garantissant des performances énergétiques optimales.
Selon les données d’Hydro-Québec, cette aide financière s’adresse aussi bien aux résidences unifamiliales qu’aux immeubles collectifs, avec une bonification de 5 % pour les propriétaires qui combinent l’installation d’une thermopompe avec d’autres mesures d’efficacité énergétique, comme l’isolation ou le remplacement de fenêtres. Le programme, déjà en place depuis plusieurs années, a été recentré en 2026 pour répondre à une demande croissante, alors que les coûts des énergies fossiles continuent de fluctuer et que les objectifs climatiques du Québec se durcissent.
Impact économique et écologique des subventions LogisVert
L’enjeu est double : économique et écologique. D’un côté, Québec mise sur la thermopompe pour réduire les factures d’énergie des ménages, un poste de dépense en hausse constante depuis 2024. Une étude interne d’Hydro-Québec, citée dans les documents du programme, estime qu’une thermopompe peut diminuer les coûts de chauffage de jusqu’à 50 % par rapport à un système traditionnel au gaz ou au mazout. De l’autre, la province entend ainsi accélérer sa transition vers une matrice énergétique décarbonée, conformément à sa Loi sur la transition énergétique adoptée en 2025.
Cette subvention s’ajoute à d’autres dispositifs publics, comme les crédits d’impôt fédéraux pour la rénovation énergétique, créant un effet de levier pour les propriétaires. Cependant, l’accès aux fonds reste soumis à des critères stricts : les logements doivent être situés au Québec, et les travaux doivent être réalisés par des entrepreneurs certifiés Rénoclimat. Hydro-Québec précise que les demandes sont traitées sous 4 à 6 semaines, un délai qui peut varier selon la saison.
Défis du marché québécois des thermopompes malgré la croissance
Le secteur des thermopompes au Québec connaît une croissance soutenue depuis 2023, portée par les incitations gouvernementales et une prise de conscience accrue des enjeux climatiques. Selon les dernières données disponibles, le marché québécois représentait en 2025 plus de 200 millions de dollars en ventes annuelles d’équipements de chauffage électrique, avec une progression annuelle de 15 %. Pourtant, des obstacles subsistent, notamment le coût initial élevé des installations, même avec les subventions.
Les experts interrogés soulignent que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le domaine de la rénovation énergétique pourrait freiner l’adoption massive des thermopompes.
« Le principal frein n’est pas financier, mais logistique. Il faut former davantage d’installateurs et rationaliser les délais d’intervention pour éviter les files d’attente. »
Un porte-parole d’Hydro-Québec, anonyme
Cette remarque est corroborée par les retards observés dans certaines régions, où la demande dépasse l’offre disponible.
Rôle clé des grandes villes dans l’adoption des thermopompes
Les villes les plus densément peuplées, comme Montréal et Québec, concentrent une part significative des demandes de subventions. À Québec, où le patrimoine architectural historique limite parfois les options de rénovation, les propriétaires d’immeubles anciens bénéficient de conseils personnalisés via le programme LogisVert. La Ville de Québec, en partenariat avec Hydro-Québec, propose des ateliers pour expliquer les démarches et les économies réalisables.

À Montréal, où les logements collectifs dominent, les promoteurs immobiliers montrent un intérêt croissant pour les thermopompes, notamment dans les nouveaux bâtiments. Plus de 3 000 demandes ont été déposées dans la région métropolitaine depuis le début de l’année 2026, un chiffre en hausse de 40 % par rapport à la même période en 2025. Cette dynamique reflète une volonté accrue des municipalités de se conformer aux normes de construction durable, comme l’exige désormais le Règlement sur la performance énergétique des bâtiments adopté en 2024.
Et après ? L’avenir des aides et des objectifs climatiques
Alors que le Québec se fixe pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 37,5 % d’ici 2030 (par rapport à 1990), les programmes comme LogisVert joueront un rôle clé. Hydro-Québec a indiqué qu’elle évaluerait fin 2026 l’impact du programme pour décider de son prolongation ou de son adaptation. Les scénarios envisagés incluent une extension des subventions aux petits commerces et une simplification des démarches administratives.
Cependant, les observateurs rappellent que la réussite de cette transition dépendra aussi de l’évolution des coûts de l’électricité, ressource abondante au Québec grâce à ses barrages hydroélectriques, mais dont le prix reste un sujet sensible. Une hausse des tarifs pourrait, à terme, réduire l’attrait des thermopompes pour certains ménages, malgré leurs économies à long terme.
Pour l’instant, le message d’Hydro-Québec reste clair :
« Investir dans une thermopompe, c’est investir dans l’avenir. Avec les aides disponibles, le retour sur investissement est désormais accessible à la majorité des Québécois. »
Un communiqué d’Hydro-Québec, mai 2026
Reste à savoir si cette stratégie suffira à atteindre les cibles ambitieuses fixées par Québec en matière de neutralité carbone.
