Le ministre de la Santé de la République démocratique du Congo, Samuel Roger Kamba, a annoncé ce vendredi que le nombre de cas confirmés d’Ebola a atteint 933, incluant 245 décès. Cette montée rapide de l’épidémie de virus Bundibugyo se concentre dans la province de l’Ituri, où les autorités luttent contre une transmission qui s’accélère.
Écart entre les chiffres de l’OMS et les données du ministère

Une divergence apparaît entre les derniers rapports officiels et les données de l’organisation internationale. Selon les informations rapportées par Libya Update, le ministre Samuel Roger Kamba a fait état de 933 cas confirmés et de 245 décès en République démocratique du Congo (RDC). Pourtant, les données publiées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au 17 juin indiquaient un bilan légèrement inférieur, avec 896 cas confirmés et 232 décès.
Cette différence s’explique par la dynamique même de l’épidémie. L’OMS précise que l’augmentation rapide du nombre de cas est en partie due au renforcement des capacités de test et de diagnostic, ce qui a permis de traiter l’accumulation d’échantillons précédemment collectés. Ce rattrapage diagnostique est crucial pour obtenir une image fidèle de l’ampleur réelle du virus Bundibugyo sur le terrain.
Ce processus de confirmation repose sur des tests moléculaires, tels que la réaction de polymérisation en chaîne (PCR), qui permettent d’identifier l’ARN du virus dans les échantillons de sang. Le décalage observé entre les rapports est une caractéristique fréquente lors de la montée en charge des capacités de laboratoire : l’augmentation des chiffres reflète souvent la validation de cas suspectés lors des semaines précédentes, plutôt qu’une explosion soudaine de nouvelles infections.
| Indicateur | Données du Ministère (RDC) | Données de l’OMS (au 17 juin) |
|---|---|---|
| Cas confirmés (RDC) | 933 | 896 |
| Décès (RDC) | 245 | 232 |
| Patients rétablis | 80 | 78 |
Concentration de la transmission dans la province de l’Ituri

L’épidémie reste massivement ancrée dans l’est du pays. La province de l’Ituri constitue l’épicentre de la crise, concentrant à elle seule 91,1 % des cas confirmés, soit 817 personnes. Le taux de létalité au sein de cette province spécifique s’élève à 22,7 %.
La propagation géographique touche désormais plusieurs zones de santé (HZ) à travers trois provinces :
- Ituri : 21 zones de santé sur 36 sont affectées, avec des foyers importants à Bunia (247 cas), Rwampara (195 cas), Mongbwalu (189 cas) et Nyankunde (68 cas).
- Nord-Kivu : 11 zones de santé sur 35 sont touchées.
- Sud-Kivu : 1 zone de santé sur 34 a signalé des cas.
Bien que de nouvelles zones de santé signalent des cas, les enquêtes épidémiologiques suggèrent que la transmission circulait probablement dans ces secteurs depuis plusieurs semaines avant d’être officiellement confirmée. En République démocratique du Congo, la “zone de santé” constitue l’unité opérationnelle de base pour la gestion des épidémies par le ministère de la Santé. La dispersion des cas dans l’Ituri souligne la complexité du suivi épidémiologique dans des zones où la transmission peut circuler de manière silencieuse avant qu’un cas n’atteigne une structure de soins.
Extension du risque vers l’Ouganda
Le risque de propagation transfrontalière est une réalité documentée. Le Club of Mozambique rapporte que la situation reste sous haute surveillance alors que l’épidémie ne respecte pas les frontières nationales.
L’Ouganda a enregistré 19 cas confirmés, dont deux décès, ainsi qu’un cas probable ayant entraîné un décès. L’OMS souligne que l’épidémie en Ouganda est épidémiologiquement liée à la transmission provenant de la RDC, avec des preuves d’infections importées et de transmissions secondaires parmi les contacts et le personnel soignant. Toutefois, l’Ouganda n’a signalé aucun nouveau cas depuis le 5 juin 2026.
Cette surveillance transfrontalière s’inscrit dans le cadre des protocoles de sécurité sanitaire internationale, visant à coordonner le suivi des mouvements de population et le traçage des contacts aux frontières pour limiter la propagation des virus à haut risque.
Capacités de diagnostic et impact sur le personnel soignant
La lutte contre le virus Bundibugyo met à rude épreuve les systèmes de santé locaux. Un point d’alerte majeur concerne la vulnérabilité des professionnels de santé : selon l’OMS, 75 travailleurs de la santé en RDC ont contracté le virus Ebola.
Le virus Bundibugyo est l’un des genres du virus Ebola (*Ebolavirus*), identifié pour la première fois en 2007 dans le district de Bundibugyo en Ouganda. Il provoque une fièvre hémorragique virale dont les symptômes incluent généralement une forte fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires et, dans les cas graves, des hémorragies internes ou externes. Pour protéger les soignants, les protocoles de prévention et de contrôle de l’infection (PCI) imposent l’utilisation rigoureuse d’équipements de protection individuelle (EPI) et une gestion stricte des fluides corporels.
Malgré la gravité de la situation, des signes de rétablissement apparaissent. Le ministre Samuel Roger Kamba a indiqué, lors de son intervention dans la province de l’Ituri, que 80 patients avaient été guéris et autorisés à quitter les centres de traitement Ebola. Ces chiffres de guérison, bien que modestes face à l’ampleur des infections, témoignent de l’efficacité des protocoles de prise en charge en cours de déploiement par les autorités nationales et leurs partenaires. La gestion clinique repose sur des soins de soutien intensifs au sein de centres de traitement dédiés pour stabiliser les patients.
Pour toute information actualisée ou en cas de symptômes suspects, il est recommandé de consulter les bulletins officiels de l’Organisation mondiale de la Santé ou de contacter les autorités sanitaires locales. Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace en aucun cas un avis médical professionnel.
Find more reporting in our Santé section.

