Volatilité des tarifs douaniers : Raychaudhuri préconise un recentrage sur la croissance intérieure pour l’Inde
Nouvelles-du-monde.com – La récente reprise de la volatilité des politiques commerciales mondiales pousse les investisseurs à revoir leurs stratégies, alors que les niveaux de droits de douane se stabilisent autour de 15%, mais que les signaux politiques restent incertains. Dans ce contexte, l’expert en marchés Manishi Raychaudhuri conseille de privilégier les opportunités de croissance intérieure plutôt que les secteurs axés sur l’exportation.
Intervenant sur ET Now, Raychaudhuri a souligné la difficulté de tirer des conclusions définitives face au volume de titres contradictoires. Il a noté que l’environnement tarifaire, qui semblait stabilisé, est “revenu avec force”, et que l’avantage dont bénéficiait auparavant l’Inde par rapport à ses homologues de l’ASEAN s’est largement évaporé, créant un climat de “chaos et d’incertitude” à court terme.
“Il est préférable de se concentrer sur les opportunités de croissance domestique”, a-t-il déclaré, recommandant d’éviter les investissements précipités dans les entreprises exportatrices. Il suggère plutôt de rechercher des secteurs où la croissance s’aligne sur des valorisations raisonnables, citant les matériaux de base, certaines industries et les biens de consommation discrétionnaire comme des pistes prometteuses, tout en insistant sur la nécessité d’une approche sélective.
Parmi les valeurs qu’il privilégie, on retrouve Tata Steel, Hindustan Zinc et Larsen & Toubro, qui reflètent, selon lui, les tendances cycliques nationales.
Prudence sur les valeurs technologiques et de consommation courante
Raychaudhuri se montre plus prudent concernant les biens de consommation courante et les services informatiques. Il estime que les produits de première nécessité souffrent d’une faible croissance malgré des valorisations élevées, tandis que le secteur informatique est confronté à des pressions sur les prix en raison de l’essor de l’intelligence artificielle, qui pourrait réduire les marges. Il estime que les actions technologiques ne deviendront attrayantes qu’à des valorisations plus proches de 10 à 12 fois les bénéfices, impliquant une baisse potentielle ou une période prolongée de stagnation.
Cependant, il reconnaît que certaines entreprises technologiques pourraient se démarquer, notamment celles qui font preuve d’une capacité à se réinventer, comme Infosys grâce à ses partenariats dans le domaine de l’IA. Il préconise néanmoins d’attendre des preuves plus claires d’une amélioration de la croissance ou des marges avant d’allouer des capitaux.
Flux étrangers : un défi pour l’Inde
Concernant les flux de capitaux étrangers, Raychaudhuri observe que les investisseurs mondiaux disposent actuellement d’alternatives attrayantes en Asie, où la croissance des bénéfices est plus forte et les valorisations plus basses. Il suggère que tant que cet écart ne se réduira pas, il pourrait être difficile pour l’Inde d’observer un retour durable des achats institutionnels étrangers.
L’analyse de Raychaudhuri intervient alors que les politiques commerciales mondiales restent un facteur d’incertitude majeur pour les marchés émergents, et souligne l’importance pour l’Inde de renforcer sa base intérieure pour assurer une croissance économique durable.
