WASHINGTON (AP) — La présidence de Jerome Powell à la Réserve fédérale américaine est compromise par une enquête criminelle, mais sa position semble assurée à court terme malgré les efforts du président Donald Trump pour influencer la politique monétaire. Un juge fédéral a bloqué des assignations à comparaître émises à la Fed dans le cadre de cette enquête, estimant qu’elles avaient été motivées par une volonté de faire pression sur l’institution pour qu’elle réduise les taux d’intérêt, conformément aux demandes de longue date de Trump.
L’enquête, menée par la procureure de district de Washington, Jeanine Pirro, porte sur la rénovation à plusieurs milliards de dollars du siège de la Fed et sur le témoignage de Powell devant la commission bancaire du Sénat à ce sujet. Le juge James Boasberg a déclaré dans sa décision, rendue mercredi mais rendue publique vendredi, qu’il existait « une montagne de preuves » suggérant que les assignations à comparaître avaient été émises dans le but de forcer Powell à céder aux pressions de Trump.
Pirro a immédiatement annoncé que le ministère de la Justice ferait appel de cette décision, qu’elle a qualifiée d’« outrageuse ». Elle a affirmé lors d’une conférence de presse que Powell bénéficiait désormais d’une « immunité », une affirmation contestée.
L’affaire intervient à un moment délicat pour la Fed, qui est confrontée à la nécessité de maîtriser l’inflation tout en évitant de provoquer une récession. Trump a publiquement critiqué Powell à plusieurs reprises pour avoir augmenté les taux d’intérêt, estimant que cela nuisait à l’économie.
Le sénateur Thom Tillis, de Caroline du Nord, a bloqué la confirmation de Kevin Warsh au poste de successeur de Powell, tant que l’enquête fédérale ne sera pas close. Cette situation pourrait maintenir Powell en poste au-delà de la fin de son mandat en mai.
La décision du juge Boasberg et l’appel annoncé par le ministère de la Justice devraient donc prolonger la présence de Powell à la tête de la Fed.
Les marchés financiers avaient déjà revu à la baisse leurs attentes concernant des baisses de taux d’intérêt avant la guerre en Iran, et les coûts énergétiques en hausse devraient dissuader les décideurs de toute mesure d’assouplissement tant qu’il n’y aura pas plus de clarté sur la résolution du conflit.
Les responsables de la Fed, à l’exception de Stephen Miran et Christopher Waller, ont adopté une approche prudente en matière de nouvelles baisses de taux.
La Réserve fédérale n’a pas souhaité commenter cette affaire.
