La déconnexion devient tendance : Gen Z et Millennials se détournent des réseaux sociaux pour retrouver le réel
Par [Votre Nom], Rédacteur en Chef Adjoint
Une tendance inattendue émerge chez les jeunes générations : la déconnexion volontaire. Face à la saturation numérique, à la pression sociale et à l’omniprésence de la publicité, de plus en plus de membres de la Gen Z et des Millennials choisissent de se déconnecter des réseaux sociaux, voire de revenir à des technologies plus anciennes, pour se reconnecter à eux-mêmes et au monde qui les entoure.
Matt Richards, 23 ans, a supprimé toutes ses applications de réseaux sociaux de son téléphone l’année dernière. “J’ai grandi avec un smartphone, comme la plupart des jeunes de ma génération,” explique-t-il. “Mais ces dernières années, les réseaux sociaux ne m’apportaient plus de plaisir. C’était un flux constant de publicités, de comparaison de vies et de contenu artificiel.”
Son expérience n’est pas isolée. De nombreux jeunes rapportent un sentiment de saturation et de fatigue face à la pression constante d’être en ligne. Ils décrivent les réseaux sociaux comme une “plateforme de pression” où l’on est constamment exposé à des images idéalisées et à des sollicitations commerciales. Une étude Deloitte de 2025 révèle que près d’un quart des consommateurs ont supprimé une application de réseau social au cours des 12 derniers mois, un chiffre qui grimpe à près d’un tiers chez la Gen Z.
Un retour aux sources : analogique et expériences réelles
Cette désaffection pour le numérique se traduit par un regain d’intérêt pour les activités analogiques et les interactions en personne. Les jeunes se tournent vers des loisirs comme l’achat de vinyles, la lecture de journaux, le tricot, ou simplement passer du temps avec leurs amis et leur famille.
“Je pense que les gens prenaient autrefois leur téléphone pour s’évader du monde réel, mais maintenant, ils prennent une pause de leur téléphone pour passer du temps dans le monde réel,” observe Richards.
Cette tendance est visible sur les réseaux sociaux eux-mêmes, ironiquement. Le hashtag #ChronicallyOffline est devenu viral sur TikTok, avec des milliers de vidéos de jeunes qui s’engagent à supprimer leurs applications et à se concentrer sur des expériences plus authentiques. Des influenceurs partagent des vidéos de leurs visites dans des disquaires, de leurs séances de lecture ou de leurs activités manuelles.
L’impact sur la santé mentale et le bien-être
Le lien entre l’utilisation excessive des réseaux sociaux et les problèmes de santé mentale est de plus en plus documenté. Une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de 2024 a révélé une corrélation significative entre le temps passé sur les réseaux sociaux et l’augmentation des taux d’anxiété et de dépression chez les jeunes.
Lucy Stace, une entrepreneure de 36 ans, a constaté que l’utilisation des réseaux sociaux nuisait à sa santé mentale, malgré leur importance pour son entreprise. “Nous sommes constamment bombardés d’informations,” explique-t-elle. “Notre cerveau n’est pas capable de gérer autant de stimuli. Nous perdons notre capacité à nous recentrer sur nous-mêmes et à écouter nos propres besoins.”
Jason Dorsey, président du Center for Generational Kinetics, souligne que l’augmentation de la “méchanceté et de la division” en ligne, notamment de la part des leaders politiques, pousse les jeunes à se détourner des réseaux sociaux pour retrouver un sentiment de contrôle et de sécurité.
Un changement de paradigme : l’offline devient “cool”
Le statut social semble également jouer un rôle dans cette tendance. Avoir moins de présence en ligne, voire être complètement déconnecté, est perçu comme un signe d’indépendance et d’authenticité.
“On observe une tendance où les personnes déconnectées, injoignables, dégagent une sorte de coolitude,” explique Richards. “Elles n’ont pas besoin de validation à travers les likes ou les followers. Elles vivent leur vie comme dans les années 80.”
Julianna Salguero, social media manager de 31 ans, estime que les réseaux sociaux ont perdu de leur attrait lorsque les marques et les politiciens ont commencé à les utiliser massivement. “Plus on voit de marques, de responsables politiques et d’utilisateurs occasionnels en ligne, plus on a envie de se retirer et de changer,” dit-elle.
Un retour à l’équilibre : le numérique comme outil, pas comme obsession
Les experts soulignent qu’il ne s’agit pas d’un rejet total du numérique, mais plutôt d’une recherche d’équilibre. Les réseaux sociaux restent un outil important pour la communication, l’information et le divertissement, mais ils ne doivent pas dicter notre vie.
Chris Beer, analyste chez GWI, estime qu’il s’agit d’une “correction post-pandémique légitime,” car les gens passent moins de temps à la maison et donc moins de temps sur les réseaux sociaux. Il souligne que les réseaux sociaux restent intégrés dans la vie des gens pour des activités telles que les achats, l’actualité et l’éducation.
La tendance à la déconnexion est donc un signal fort : les jeunes générations aspirent à une vie plus authentique, plus équilibrée et plus connectée au monde réel. Elles cherchent à reprendre le contrôle de leur temps, de leur attention et de leur bien-être, et à redéfinir les règles du jeu dans un monde de plus en plus numérique.
