Julia Quinn, l’auteure de Bridgerton, brise le silence : l’urgence de la politique face à la romance
NEW YORK – Julia Quinn, l’auteure à succès derrière la saga Bridgerton, qui a inspiré la série à succès de Netflix, a récemment exprimé son malaise face à la promotion de ses œuvres dans un contexte mondial troublé. L’écrivaine, dont les romans se sont vendus à des millions d’exemplaires et ont été traduits dans 41 langues, a déclaré qu’elle avait atteint un point où il était devenu impossible d’ignorer les enjeux politiques pressants.
Quelques jours avant la diffusion de la quatrième saison de Bridgerton, Quinn confiait à Vanity Fair son sentiment d’urgence. “On arrive à un moment où il faut prendre position,” a-t-elle affirmé. “On ne peut pas laisser passer ce moment sans rien dire.” Cette prise de position intervient alors que Quinn lançait également une nouvelle boîte d’abonnement littéraire et préparait la promotion de la série.
L’élément déclencheur de cette prise de parole a été, selon l’auteure, la situation aux États-Unis, notamment la présence controversée de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) dans le Minnesota, et les accusations de “gouvernement qui tue des gens et qui enlève des enfants”. Quinn a partagé son point de vue sur Instagram, dans une vidéo postée le 24 janvier, où elle affirmait ne plus se soucier de ceux qui pourraient être offensés par ses opinions politiques, allant jusqu’à inviter ses détracteurs à la quitter.
Cette attitude, bien que surprenante pour une auteure de romance historique, témoigne d’une conscience grandissante chez les créateurs de divertissement quant à leur responsabilité sociale. Le débat sur le rôle des personnalités publiques dans la sphère politique est de plus en plus vif, et Quinn a choisi de ne pas rester silencieuse.
L’auteure, qui a débuté sa carrière en tant qu’étudiante en histoire de l’art à Harvard, a publié plus de 35 romans. Elle est également consultante pour la série Bridgerton produite par Shonda Rhimes. Si elle apprécie les réactions positives des fans, comme les mèmes et les montages vidéo sur TikTok, elle reconnaît que le climat politique actuel rend difficile la concentration sur son travail d’écriture. Son dernier livre, Queen Charlotte, co-écrit avec Rhimes, est sorti en mai 2023.
“Honnêtement, cela m’a semblé plus important que d’écrire des livres,” a-t-elle expliqué à Vanity Fair.
La popularité croissante de Bridgerton, ainsi que d’autres œuvres du genre “romantasy” comme Heated Rivalry, soulève la question de l’attrait actuel pour les récits érotiques. Quinn elle-même préfère ne pas utiliser le terme “smut”, préférant insister sur le fait que ses romans traitent avant tout des relations humaines, dont le sexe est une composante importante. Elle souligne que, dans les années 1990, le genre romance était souvent dénigré et réduit à sa dimension sexuelle.
L’auteure rappelle que le genre romance est le plus rentable du secteur de l’édition, mais qu’il a longtemps été marginalisé. Elle espère que la popularité actuelle de Bridgerton contribuera à changer cette perception et à reconnaître la complexité et la richesse des romans d’amour.
Dans un monde en proie à des crises multiples, la décision de Julia Quinn de briser le silence et de prendre position est un signal fort. Elle illustre la difficulté pour les artistes de concilier leur travail créatif avec leur engagement citoyen, et la nécessité de ne pas rester indifférents face aux enjeux qui façonnent notre société.
[Intégration d’un post Instagram de Julia Quinn, si disponible, pour illustrer son engagement : (Insérer ici le code d’intégration du post Instagram mentionné dans l’article original)]
