Restaurant Brands International affiche des résultats mitigés, Burger King freine sa modernisation aux États-Unis
TORONTO – Restaurant Brands International (RBI), la société mère de Burger King, Tim Hortons et Popeyes, a annoncé jeudi des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, portés par une forte croissance internationale. Cependant, le ralentissement de la modernisation des restaurants Burger King aux États-Unis a terni le tableau, entraînant une baisse de 6% de l’action en bourse.
Les résultats du quatrième trimestre, clos le 31 décembre, montrent un bénéfice par action ajusté de 0,96 $, dépassant les 0,95 $ anticipés par les analystes de LSEG. Le chiffre d’affaires s’est élevé à 2,47 milliards de dollars, contre 2,41 milliards de dollars prévus. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires a diminué, passant de 259 millions de dollars (0,79 $ par action) l’année précédente à 113 millions de dollars (0,34 $ par action).
La croissance organique du chiffre d’affaires de RBI a atteint 6,5%, tandis que les ventes à magasins comparables ont augmenté de 3,1%, grâce à une performance particulièrement solide à l’international. Les ventes à magasins comparables hors États-Unis et Canada ont bondi de 6,1%, avec une progression de 5,8% pour Burger King International, un chiffre bien supérieur aux 3,7% attendus par les analystes de StreetAccount.
Burger King : un objectif de modernisation reporté
Le point noir de ces résultats réside dans le programme de modernisation de Burger King aux États-Unis. Face à l’augmentation des coûts, la chaîne a annoncé qu’elle ne serait pas en mesure de respecter son objectif initial de moderniser 85% de ses restaurants américains d’ici 2028. Cette annonce a déçu les investisseurs, soulignant les défis auxquels Burger King est confronté pour rester compétitif sur le marché américain, où la concurrence est féroce.
“Nous avons constaté une augmentation significative des coûts de construction et de rénovation, ce qui nous a contraints à revoir notre calendrier de modernisation”, a expliqué Patrick Doyle, président exécutif de RBI, lors de la conférence téléphonique avec les analystes.
Expansion internationale et initiatives de valeur
Malgré les difficultés aux États-Unis, RBI mise sur l’expansion internationale pour stimuler sa croissance. En novembre dernier, l’entreprise a annoncé la création d’une coentreprise avec CPE, un gestionnaire d’actifs alternatifs chinois, pour accélérer le développement de Burger King en Chine. Cette coentreprise, finalisée en janvier, permettra à Burger King de renforcer sa présence sur le marché chinois, en pleine croissance.
Pour attirer une clientèle soucieuse de son budget, Burger King a mis en place des offres promotionnelles, comme les menus duo à 5 $ et trio à 7 $, sans recourir à des remises importantes. Josh Kobza, PDG de RBI, a souligné que cette stratégie permettait de préserver les marges tout en stimulant le trafic en magasin.
Tim Hortons et Popeyes : des performances contrastées
Tim Hortons, la chaîne de café canadienne, a enregistré une croissance des ventes à magasins comparables de 2,9%, inférieure aux 3,8% attendus par Wall Street. Tim Hortons représente 46% du chiffre d’affaires global de RBI.
Popeyes, la chaîne de poulet frit, a été le maillon faible du groupe, avec une baisse des ventes à magasins comparables de 4,8%, plus importante que les 2,4% de baisse anticipées. RBI a nommé Peter Perdue à la tête de Popeyes aux États-Unis et au Canada en novembre, et Matt Rubin au poste de directeur marketing en janvier, dans le but de relancer la marque.
“Nous sommes conscients que les ventes de Popeyes ne sont pas à la hauteur de nos attentes et nous avons pris des mesures pour améliorer la situation”, a déclaré Doyle. “Nous sommes convaincus que notre nouvelle équipe de direction et notre concentration sur les opérations, la cohérence et les normes de la marque porteront leurs fruits à l’avenir.”
RBI prévoit de présenter plus en détail sa stratégie de croissance lors de sa journée des investisseurs à Miami le 26 février.
Contexte économique et impact sur le secteur de la restauration rapide
Ces résultats interviennent dans un contexte économique mondial incertain, marqué par l’inflation et la hausse des taux d’intérêt. Le secteur de la restauration rapide est particulièrement sensible à ces facteurs, car les consommateurs peuvent réduire leurs dépenses discrétionnaires. Selon les données de Statista, le chiffre d’affaires du secteur de la restauration rapide aux États-Unis devrait atteindre 330 milliards de dollars en 2024, mais la croissance pourrait être freinée par les pressions inflationnistes. Le gouvernement américain a mis en place des mesures pour soutenir les petites entreprises, notamment des prêts et des subventions, mais l’impact de ces mesures sur le secteur de la restauration rapide reste à évaluer.
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