Le cinéma hindi, industrie cinématographique basée à Mumbai, explore de plus en plus des thématiques sociales complexes, s’éloignant parfois de ses conventions traditionnelles. Alors que le secteur représente 33% des revenus du box-office indien en 2022, les productions modernes intègrent désormais des réalités contemporaines, reflétant une évolution des genres cinématographiques traditionnels vers des récits plus nuancés.
L’évolution des genres : du masala au réalisme social
Depuis les années 1970, le genre prédominant dans le cinéma hindi est le « masala », une combinaison de genres incluant action, comédie, romance et mélodrame, le tout ponctué de numéros musicaux.
Toutefois, une distinction historique a toujours existé avec le « parallel cinema », un courant axé sur un contenu réaliste évitant les séquences chantées. Aujourd'hui, cette frontière devient poreuse.
Le poids économique et culturel du cinéma hindi
Le terme « Bollywood », souvent utilisé à tort pour désigner l’ensemble du cinéma indien, ne concerne en réalité que l’industrie de langue hindi basée à Mumbai. Cette nuance est cruciale pour comprendre le paysage médiatique indien, où coexistent des industries majeures comme celles du cinéma tamoul et télougou, qui représentaient respectivement 16% et 20% des revenus du box-office en 2022.
Le succès commercial de Mumbai reste massif. En 2017, sur les 1 986 longs métrages produits par l’ensemble de l’industrie cinématographique indienne, 364 étaient des films hindi. En 2019, ces productions ont généré environ 341 millions d’entrées en Inde.
Transformations linguistiques et héritage historique
L’évolution du cinéma hindi se lit également dans sa langue. Si les premiers films privilégiaient l’hindoustani, intelligible aussi bien pour les locuteurs du hindi que de l’ourdou, les productions contemporaines intègrent de plus en plus le « hinglish ». Cette évolution linguistique accompagne une mutation des thèmes abordés :
- 1931 : Sortie de Alam Ara, le premier film indien parlant, produit en hindoustani.
- 1913 : Sortie de Raja Harishchandra, premier long métrage indien réalisé par Dadasaheb Phalke, considéré comme le père du cinéma indien.
La fusion entre le spectacle traditionnel et l'exploration de thèmes sociaux plus sombres ou réalistes définit le nouveau visage du cinéma de Mumbai.
Find more reporting in our Divertissement section.
