Percée scientifique : Une nouvelle méthode de tri cellulaire basée sur la lévitation électromagnétique pourrait révolutionner le diagnostic et le traitement du cancer
Stanford, Californie – Des chercheurs de l’Université de Stanford ont mis au point une technique innovante de tri cellulaire basée sur la lévitation électromagnétique, ouvrant la voie à des avancées significatives dans le diagnostic et le traitement de maladies complexes, notamment le cancer. Cette méthode, baptisée Electro-LEV, permet de séparer les cellules vivantes des cellules mortes et même de distinguer des cellules en fonction de leur densité, en observant simplement la hauteur à laquelle elles lévitent dans un champ magnétique.
L’étude, publiée récemment, révèle que les cellules, lorsqu’elles sont exposées à un champ magnétique, se comportent différemment en fonction de leurs propriétés physiques et biologiques. Les cellules mortes, moins denses, sont plus facilement affectées par le champ magnétique et tendent à léviter plus haut que les cellules vivantes. “En ajustant le champ magnétique, nous pouvons contrôler la hauteur à laquelle les cellules lévitent, ce qui nous permet de les séparer avec une grande précision”, explique Selim Durmus, chercheuse principale de l’équipe.
Les résultats sont prometteurs : en partant d’un échantillon contenant seulement 10% de cellules vivantes, electro-LEV a permis d’obtenir un échantillon purifié à environ 70% de cellules vivantes. Avec un échantillon initial de 50%, le taux de cellules vivantes a été porté à 93%.
Au-delà de la simple distinction entre cellules vivantes et mortes, l’équipe a découvert que les groupes de cellules cancéreuses réagissent différemment au champ magnétique que les cellules cancéreuses isolées. Les agrégats cellulaires, souvent associés à une progression tumorale plus agressive et à un risque accru de métastases, lévitent plus rapidement. Cette observation suggère que la vitesse de lévitation pourrait servir de biomarqueur pour identifier et surveiller les cellules cancéreuses les plus dangereuses.
“Cette technique pourrait nous permettre de détecter et d’isoler les cellules cancéreuses métastatiques plus efficacement, ouvrant la voie à des traitements plus ciblés et personnalisés”, souligne Durmus.
Les applications potentielles de la lévitation électromagnétique ne se limitent pas au cancer.Les chercheurs envisagent d’utiliser cette technologie pour trier des microbes, assembler des cellules en organoïdes (des modèles miniatures d’organes) ou même manipuler des microrobots à des fins médicales.
“Il s’agit d’une plateforme polyvalente avec un potentiel immense”,conclut Durmus. “Nous ne faisons que commencer à explorer les possibilités offertes par cette nouvelle approche.”
Cette recherche a été financée par la Fondation Burroughs Wellcome, la Fondation Gordon et Betty Moore, la Fondation Donald E. et Delia B. Baxter et le prix McCormick et Gabilian de l’Université de Stanford. Les travaux ont également bénéficié de la contribution d’un chercheur de l’Université Ozyegin en Turquie.
