Une enquête de la BBC a révélé l’existence de publicités mensongères pour des applications de fitness utilisant des instructeurs générés par intelligence artificielle au Royaume-Uni. Ces campagnes, qui violent les règles publicitaires britanniques, promettent des transformations physiques irréalistes en quelques semaines pour inciter les utilisateurs à souscrire à des abonnements payants.
L’émergence de contenus synthétiques sur les réseaux sociaux a franchi un nouveau seuil de manipulation commerciale. Depuis deux ans, le flux de vidéos générées par IA sature les plateformes, mais l’application de cette technologie au domaine de la santé et du conditionnement physique soulève des questions éthiques et réglementaires majeures. Une investigation menée par la BBC a mis en lumière des mécanismes de vente basés sur la création de personas totalement fictifs, conçus pour simuler une expertise et des résultats physiques inaccessibles.
Des avatars synthétiques pour des promesses irréalistes
Le mode opératoire identifié repose sur la diffusion de vidéos sophistiquées présentant des instructeurs dont l’apparence est optimisée par algorithme. Ces publicités mettent en scène des corps sculptés
et utilisent des images de type avant et après
pour garantir des résultats rapides. Les promesses sont systématiquement hyperboliques, affirmant qu’il est possible de paraître plus jeune de plusieurs années
ou d’obtenir des transformations corporelles impressionnantes en quelques semaines
en suivant une routine simplifiée.
L’aspect le plus problématique de ces campagnes réside dans l’absence de transparence. Dans de nombreux cas, les publicités ne précisent pas que les individus à l’écran n’existent pas. Cette stratégie vise à créer un lien de confiance artificiel entre l’utilisateur et l’instructeur, alors que ce dernier n’est qu’une construction numérique sans aucune compétence réelle en physiologie ou en nutrition.
La violation des normes publicitaires britanniques
L’enquête de la BBC souligne que ces pratiques ne sont pas seulement trompeuses, mais illégales selon le droit britannique. Les publicités identifiées violent explicitement les règles de publicité en vigueur au Royaume-Uni, qui interdisent les affirmations mensongères sur les résultats d’un produit ou d’un service.
L’utilisation de l’IA pour fabriquer des preuves de réussite physique constitue une fraude visuelle. Contrairement à une retouche photo classique, la création d’un instructeur entier par IA permet de simuler une autorité et une présence humaine pour valider un programme d’entraînement. Cette manipulation détourne l’attention de l’utilisateur des preuves scientifiques pour l’orienter vers une esthétique synthétique.
Un modèle économique basé sur l’illusion numérique
L’objectif final de ces opérations est purement financier : la vente d’abonnements à des applications de fitness. En utilisant des visages et des corps générés par IA, les promoteurs réduisent drastiquement les coûts de production tout en maximisant l’attractivité visuelle de leur offre. Ils ne vendent pas un programme sportif, mais l’image d’un résultat garanti, matérialisée par un avatar.
Cette tendance s’inscrit dans une prolifération plus large de contenus générés par IA qui inondent les réseaux sociaux depuis deux ans. La capacité de l’IA à produire des images hyperréalistes rend la distinction entre un expert réel et un produit algorithmique presque impossible pour le consommateur moyen.
La question de la responsabilité devient alors centrale. Lorsque des conseils de conditionnement physique sont dispensés par une entité non humaine et non qualifiée, les risques pour la santé des utilisateurs augmentent, tandis que les responsables des applications se cachent derrière des interfaces automatisées.
