Le centre veronais, dirigé par le professeur Michele Tinazzi, directeur de la Neurologie B de l’Azienda ospedaliera universitaria integrata, vient d’être consacré comme référence internationale dans l’étude des troubles neurologiques fonctionnels (FND), des pathologies provoquant des symptômes comme des tremblements, des paralysies ou des troubles moteurs sans lésions cérébrales visibles aux examens radiologiques. Cette reconnaissance s’appuie sur une avancée majeure : Tinazzi a été élu président de la Functional Neurological Disorder Society, la principale société scientifique dédiée à ces troubles. Une décision qui couronne des années de travail et qui marque un tournant dans la prise en charge de ces patients, souvent stigmatisés comme souffrant de troubles psychiatriques.
Un modèle diagnostique révolutionnaire : l’abandon des examens inutiles
Contrairement aux approches traditionnelles, qui enchaînent les examens coûteux et souvent inefficaces, l’équipe veronaise a développé une méthode clinique et multidisciplinaire basée sur des manœuvres de distraction pendant la visite neurologique. Résultat : une réduction drastique des coûts et des délais de diagnostic. Selon une étude menée par l’Université de Vérone sur 40 patients, les dépenses pour les visites et examens ambulatoires sont passées de 4 400 € à 1 400 € par patient après une prise en charge correcte, tandis que les coûts des hospitalisations chutent de 2 600 € à 492 € et ceux de la diagnostique instrumentale de plus de 400 € à seulement 43 €. Ces économies, soulignées par la rectrice Chiara Leardini, profitent directement au Système sanitaire national, tout en améliorant la qualité de vie des patients.

Cette approche a été validée par un projet de recherche financé à hauteur d’un million d’euros dans le cadre du PNRR (Piano Nazionale di Ripresa e Resilienza), coordonné par l’hôpital de Borgo Roma. L’étude, menée sur près de 450 patients, a démontré l’efficacité de l’évaluation clinique et de la prise en charge multidisciplinaire, associant neurologues, physiothérapeutes, psychologues, psychiatres et thérapeutes de la rééducation. « L’odissea diagnostica [le parcours du combattant des patients] prend fin grâce à cette méthode », explique Marialuisa Gandolfi, physiothérapeute et co-organisatrice du congrès annuel de la Société italienne de neurologie (SIN), qui s’est tenu le 17 avril 2026 à Vérone.
Un congrès historique : vers de nouveaux biomarqueurs et thérapies ciblées
Le congrès régional-interrégional de la SIN, intitulé « Disturbi neurologici funzionali e malattie neurologiche : nuovi approcci diagnostici e terapeutici », a réuni les meilleurs experts internationaux pour aborder les défis persistants liés aux FND. Parmi les sujets clés : l’identification de biomarqueurs diagnostiques et pronostiques, l’optimisation des stratégies de rééducation, et l’analyse de l’odissea diagnostica que traversent les patients avant d’obtenir une réponse médicale.
« Disturbi Neurologici Funzionali : ces troubles, longtemps confondus avec des maladies psychiatriques, sont désormais reconnus comme des pathologies neurologiques réelles, liées à des dysfonctionnements spécifiques de circuits cérébraux. »
— Professeur Michele Tinazzi, directeur de la Clinique Neurologique de l’Université de Vérone, via <a href="https://www.larena.it/territorio-veronese/citta/verona-si-conferma-riferimento-internazionale-nello-studio-dei-disturbi-neurologici-1.
Le congrès a également mis en lumière les avancées des projets « Mind-Brain-Body » financés par le PNRR, qui intègrent neuroscciences, rééducation et sciences économiques. Ces initiatives, portées par l’équipe veronaise, visent à réduire les délais diagnostiques et à développer des thérapies personnalisées. « Nous ne traitons plus seulement la maladie, mais le patient dans sa globalité », souligne Paolo Petralia, directeur général de l’Azienda ospedaliera universitaria integrata, évoquant une approche bio-psycho-sociale qui place l’éthique au cœur des soins.
Vérone, épicentre d’une révolution scientifique et humanitaire
Depuis 2017, le centre veronais coordonne le Registre italien des troubles moteurs fonctionnels, un réseau de 25 centres universitaires qui a permis de collecter des données épidémiologiques et cliniques essentielles. Cette initiative, couplée à la création en 2023 du premier cours de perfectionnement italien dédié aux FND, renforce la formation des professionnels et la sensibilisation du grand public.

Parallèlement, l’Associazione Italiana per il Disturbo Neurologico Funzionale (AiDiNeF), fondée pour rassembler patients, familles et soignants, joue un rôle clé dans la désstigmatisation de ces troubles. « A WINDOW INTO THE MIND-BRAIN-BODY INTERPLAY », un projet financé par l’Union européenne via NextGenerationEU, illustre cette dynamique : en étudiant les interactions entre esprit, cerveau et corps, les chercheurs espèrent identifier de nouveaux biomarqueurs et affiner les protocoles thérapeutiques.
Pourquoi cette avancée change-t-elle la donne ?
Les troubles neurologiques fonctionnels touchent 5 à 10 % des nouvelles consultations neurologiques et représentent un tiers des visites spécialisées, selon les données citées lors du congrès. Pourtant, leur diagnostic reste un casse-tête : les symptômes, souvent similaires à ceux de maladies neurologiques avérées, conduisent à des odissea diagnostica interminables, avec des erreurs de prise en charge fréquentes. La méthode veronaise, qui combine évaluation clinique rapide et approche multidisciplinaire, réduit ces délais de manière significative.

Sur le plan économique, les économies réalisées par le système de santé sont considérables : comme le souligne l’analyse de l’Université de Vérone, chaque patient évite en moyenne 3 000 € de dépenses inutiles grâce à une prise en charge précoce et ciblée. Mais l’impact va bien au-delà des chiffres. En replaçant le patient au centre des soins, cette approche répond à un besoin éthique et humain : mettre fin à l’isolement et à la méfiance qui entourent souvent ces troubles.
Quels sont les prochains défis ?
Plusieurs pistes de recherche restent à explorer. Les projets financés par le PNRR, comme « The Mind-Brain-Body Projects in FND », pourraient aboutir à l’identification de biomarqueurs fiables dans les 2 à 3 prochaines années, permettant un diagnostic plus précis. Par ailleurs, l’équipe veronaise travaille sur l’adaptation de ses protocoles aux patients atteints de sclérose en plaques, une collaboration qui pourrait élargir l’impact de ces avancées.
À plus long terme, la généralisation de cette approche multidisciplinaire dépendra de la formation des professionnels et de l’intégration de ces méthodes dans les guides cliniques nationaux. Le congrès de 2026 a déjà posé les bases d’une coopération renforcée entre neurologues, psychiatres, psychologues et physiothérapeutes, un modèle qui pourrait inspirer d’autres pays européens.
Pour les patients, cette révolution signifie avant tout une réduction de la souffrance et une meilleure qualité de vie. Comme le résume le professeur Tinazzi : « Nous passons d’une logique de suspicion à une logique de compréhension. Chaque patient mérite une réponse, pas un rejet. » Une phrase qui résume l’enjeu humain derrière ces avancées scientifiques.
Pour en savoir plus sur les troubles neurologiques fonctionnels et les initiatives de l’Université de Vérone, consultez :
Le programme détaillé du congrès 2026 | <a href="https://univrmagazine.
<!– /wp:paragraph Les recherches récentes en neurologie visent à mieux comprendre ces mécanismes pour améliorer le parcours et les soins des patients atteints de troubles neurologiques fonctionnels.Find more reporting in our Santé section.
