La désinformation sur le cancer : une exposition quasi-systématique pour les patients,selon une nouvelle étude
La grande majorité des patients atteints de cancer sont exposés à des informations erronées concernant les traitements,souvent sans même les rechercher activement,révèle une étude récente publiée dans le Journal of Cancer Education. Cette omniprésence de la désinformation soulève des inquiétudes quant à son impact sur la confiance patient-médecin, l’adhésion aux traitements et, les résultats de santé.
L’étude, menée par des chercheurs de l’Université de Floride, a interrogé 110 patients récemment diagnostiqués avec un cancer du poumon, de la prostate, du sein ou colorectal. Les résultats sont alarmants : 93% des participants ont été exposés à au moins un type de désinformation sur le traitement du cancer. Plus de trois quarts (79%) ont rencontré des mythes ou des idées fausses identifiés par le National Cancer institute.
Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est que la plupart de ces expositions se produisent de manière passive. Les patients sont souvent confrontés à ces informations erronées lors de conversations avec des amis et de la famille, ou via les réseaux sociaux, sans les rechercher intentionnellement. “Vous ne cherchez pas nécessairement si la vitamine C peut être un remède contre le cancer, mais vous commencez à être nourri de ce contenu”, explique Naomi D. Parker, scientifique adjointe et première auteure de l’étude.
la désinformation sur le cancer peut avoir des conséquences graves. Elle peut éroder la confiance entre les patients et leurs médecins, retarder l’accès à des traitements fondés sur des preuves et affecter négativement le bien-être psychosocial des patients. L’étude souligne également que les patients sont particulièrement vulnérables dans les mois suivant un diagnostic,période durant laquelle ils sont submergés d’informations et doivent prendre des décisions de traitement cruciales.
Les chercheurs soulignent que les résultats de leur étude pourraient remettre en question la pertinence des recherches axées uniquement sur les comportements de recherche active d’informations par les patients. Ils suggèrent que l’exposition à la désinformation est souvent plus diffuse et passive qu’on ne le pense.
Face à cette réalité, les cliniciens sont appelés à être particulièrement vigilants. L’étude suggère qu’ils devraient partir du principe que leurs patients ont été exposés à des informations erronées et aborder ce sujet lors des discussions sur le traitement. Une communication ouverte et transparente entre le patient et le médecin est essentielle pour contrer les effets néfastes de la désinformation et garantir que les patients reçoivent les soins les plus appropriés.
