L’UE freine les espoirs d’allègement du capital bancaire face à la concurrence américaine
Bruxelles, le 6 mars 2026 – Les banques européennes ne doivent pas s’attendre à un assouplissement rapide des exigences de fonds propres, malgré les pressions croissantes liées à la déréglementation en cours aux États-Unis. Des responsables de l’Union européenne ont mis en garde contre une réaction "pavlovienne" à la politique américaine, soulignant que la compétitivité ne doit pas se résumer à une simple réduction des exigences de capital.
John Berrigan, directeur général pour la stabilité financière à la Commission européenne, a déclaré qu’il ne fallait pas automatiquement imiter les mesures prises par d’autres juridictions. Cette position intervient alors que le secteur bancaire européen plaide pour une révision des règles prudentielles afin de renforcer sa compétitivité mondiale.
La prudence de l’UE contraste avec les attentes initiales suscitées par l’examen de la compétitivité du secteur bancaire européen. Les banques espèrent une révision à la baisse des exigences de fonds propres, notamment du ratio de fonds propres Common Equity Tier 1 (CET1), afin de libérer des capitaux pour les investissements et les prêts.
Cependant, les autorités européennes semblent privilégier une approche plus mesurée. La Banque centrale européenne (BCE) a récemment confirmé que les exigences de fonds propres globales resteraient largement stables pour 2026, avec un ratio CET1 global maintenu à 11,2 %. Une légère diminution de la guidance non contraignante de Pillar 2, passant de 1,3 % à 1,1 %, a été notée, mais ne constitue pas un allègement significatif.
Cette attitude reflète une inquiétude croissante quant aux risques systémiques et à la stabilité financière. Les régulateurs européens craignent qu’une réduction excessive des exigences de capital ne compromette la capacité des banques à absorber les chocs économiques et à faire face à d’éventuelles crises.
L’absence d’un assouplissement majeur des règles prudentielles pourrait peser sur la compétitivité des banques européennes face à leurs concurrents américains, qui bénéficient d’un environnement réglementaire plus souple. La question de l’équilibre entre la stabilité financière et la compétitivité reste donc au cœur des débats en Europe.
Les prochaines étapes de l’examen de la compétitivité du secteur bancaire européen seront cruciales pour déterminer l’avenir de la réglementation prudentielle et l’impact sur les perspectives de croissance du secteur.
