Christopher Nolan adapte La Odisea: un film épique de trois heures annoncé
Le réalisateur Christopher Nolan porte à l’écran La Odisea d’Homère, un projet d’envergure qui marque le treizième long métrage de sa carrière. Ce film épique, d’une durée de trois heures, met en scène Matt Damon dans le rôle d’Odiseo, aux côtés d’Anne Hathaway dans le rôle de Penélope et de Tom Holland dans celui de Telémaco.
Un projet d’envergure après le succès d’Oppenheimer

Après le succès commercial et critique de son biopic sur le physicien Robert Oppenheimer, Christopher Nolan a obtenu une liberté créative totale pour cette nouvelle superproduction. Soutenu par le studio Universal, le cinéaste a pu mobiliser ses collaborateurs habituels, dont son épouse et productrice Emma Thomas.
Le choix de cette œuvre n’est pas fortuit. Nolan, qui garde un souvenir marquant de sa première rencontre avec le récit homérique durant son enfance, considère La Odisea comme « la mère de toutes les histoires ». Pour le réalisateur, une telle épopée exige une échelle monumentale. À cette fin, le film a été tourné avec des caméras Imax, une technologie que Nolan utilise de manière croissante depuis Batman: El caballero de la noche (2008).
L’héritage d’un rendez-vous manqué avec l’Antiquité

L’intérêt de Christopher Nolan pour les récits antiques ne date pas d’hier. Au début des années 2000, Warner Bros. avait initialement envisagé de lui confier une adaptation de l’Ilíada. Cependant, le projet fut finalement confié à Wolfgang Petersen, tandis que Nolan fut orienté vers la réalisation de Batman inicia (2005).
Vingt ans plus tard, la réalisation de La Odisea confirme que l’intérêt de Nolan pour ces récits classiques dépasse le cadre d’une simple commande de studio. Dans un contexte hollywoodien marqué par l’incertitude économique et l’irruption de l’intelligence artificielle, le réalisateur a fait le choix audacieux d’une production mastodontique plutôt que d’un film plus modeste.
Une relecture du personnage de Penélope

L’un des enjeux majeurs de cette adaptation réside dans le traitement des personnages féminins. Historiquement, Penélope a souvent été perçue comme une figure passive et soumise. Pour construire son scénario, Christopher Nolan s’est appuyé sur la traduction de l’œuvre publiée en 2017 par la classiciste Emily Wilson, la première version anglaise réalisée par une femme. Cette approche met en lumière la dimension stratégique et politique de la reine d’Ítaca.
Dans le poème d’Homère, la ruse du linceul — où Penélope tisse et détisse le suaire de Laertes — est présentée comme une manœuvre politique visant à retarder les 108 prétendants au trône. L’interprétation d’Anne Hathaway cherche à rendre compte de cette résistance active. Comme le souligne le récit, la survie de la famille et le maintien de la paix sur l’île dépendent autant de l’intelligence pratique — la *mêtis* — de Penélope que des prouesses guerrières d’Odiseo.
Les défis d’Odiseo : un voyage entre mythe et traumatisme
Le film suit la trajectoire d’Odiseo, un homme tentant de regagner son royaume après la guerre de Troya. Le récit explore des thématiques intemporelles :
* La lutte contre le destin : Le héros doit affronter des dieux, des sirènes, des cyclopes et diverses nymphes.
* La dimension psychologique : Le texte suggère que l’inertie d’Odiseo, bloqué sur l’île d’Ogigia auprès de la nymphe Calipso, pourrait être interprétée par un lecteur moderne comme un symptôme de trouble de stress post-traumatique (TEPT).
* Le rôle des divinités : La déesse Atenea joue un rôle déterminant, agissant souvent sous des apparences masculines pour guider Odiseo et Telémaco.
En choisissant de porter ce récit à l’écran, Nolan participe à une remise en lumière de l’œuvre d’Homère, qui influence aujourd’hui une multitude de nouvelles adaptations, essais et traductions. Le film se veut ainsi une plongée dans la « racine » de la littérature occidentale, à une époque où le récit de la traversée d’Odiseo continue de résonner par ses enjeux de pouvoir et d’astuce.
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