L’euphorie d’Oslo et l’implication de la famille royale

La capitale norvégienne a basculé dans une liesse collective après le coup de sifflet final au New York New Jersey Stadium. Selon The Guardian, on estime que plus de 100 000 fans ont envahi les rues d’Oslo. Le conseil municipal a précisé que 50 000 personnes étaient massées à Rådhusplassen, la place de l’hôtel de ville, pour suivre la rencontre.
L’image marquante de cette journée reste la participation du prince héritier Haakon, arborant une écharpe de l’équipe nationale, qui s’est joint à la foule devant le palais royal. Le prince a activement participé au « Viking row », ce chant synchronisé où les supporters miment la rame d’un drakkar. Cette ferveur royale n’est pas isolée : le prince Sverre Magnus a également été vu en train de « ramer » dans une rame de métro à Oslo.
Pour le gouvernement et la famille royale, ce succès sportif arrive comme une bouffée d’oxygène. The Guardian souligne que cette « Haaland-mania » offre une distraction bienvenue face aux récentes polémiques entourant la princesse Mette Marit, qui a récemment subi une greffe de poumon, son fils Marius Borg Høiby, condamné pour viol, et des allégations liant des diplomates à Jeffrey Epstein.
Erling Haaland : le visage d’un monument national

Auteur des deux buts victorieux contre le Brésil, Erling Haaland ne cache pas l’ampleur de l’événement. Interrogé par le diffuseur NRK, l’attaquant de Manchester City a décrit la situation avec enthousiasme :
« C’est la nuit la plus folle. Oui, peut-être dans l’histoire norvégienne. »
Erling Haaland, via NRK
Au-delà du score, Haaland voit dans ce parcours un levier pour transformer la culture sportive du pays. Il a insisté sur la nécessité de « cultiver la même fierté à jouer pour la Norvège », exprimant le souhait que chaque enfant norvégien rêve d’intégrer l’équipe nationale.
Cette ascension a même forcé le respect des rivaux régionaux. Un commentateur du journal suédois Aftonbladet a affirmé que l’équipe avait « érigé un nouveau monument national norvégien ».
Le phénomène viral du « Viking row »
Plus qu’un simple cri de supporter, le « Viking row » est devenu le symbole visuel et sonore de cette Coupe du monde 2026. Ce rituel, initié par le souffle d’un cor de Viking et rythmé par un tambour, consiste à s’asseoir et à mimer le mouvement d’une rame en scandant « Ro » (ramer en norvégien).
L’origine de ce phénomène est loin d’être organique. Comme le rapporte The Guardian, le concept a été conçu par Ole Frøystad, un instituteur connu sur les réseaux sociaux sous le nom de mr.row.row. S’inspirant du chant « RO-SEN-BORG » du club de Rosenborg BK, Frøystad a élaboré une chorégraphie pensée pour créer un effet de vague dans les stades.
L’impact a été massif, tant physiquement que numériquement :
Le capitaine Martin Ødegaard a décrit ce sentiment comme celui d’être « tout un équipage » plutôt que seulement 11 joueurs sur le terrain. De son côté, Erling Haaland a publié une vidéo du squad pratiquant le geste après la victoire contre la Côte d’Ivoire, ajoutant que c’était « plus grand que le football ».
Une ferveur mondiale : de Houston à Philadelphie

L’engouement ne se limite pas aux frontières scandinaves. Le Houston Chronicle rapporte que l’église norvégienne des marins à Houston est devenue un centre névralgique pour les expatriés. Lors des matchs, des supporters comme Kristian Kvalvaag ont dirigé le « Viking row » à l’intérieur même de l’église, utilisant un tambour pour synchroniser la foule.
Cette tendance à l’utilisation de symboles historiques se retrouve chez d’autres nations. Türkiye Today a mis en avant un parallèle entre Haaland, arborant un casque de Viking après la victoire contre la Côte d’Ivoire, Mohamed Salah avec une coiffe pharaonique pour l’Égypte, et le Français Rayan Cherki, qui a porté un bicorne napoléonien après la victoire contre le Paraguay le 4 juillet 2026.
L’enjeu sanitaire et le défi du quart de finale
Malgré l’euphorie, une certaine inquiétude plane sur la capacité du pays à reprendre ses esprits avant l’étape suivante. Ståle Solbakken, l’entraîneur de l’équipe nationale, a exprimé ses craintes concernant la santé des Norvégiens face à l’intensité des festivités.
« C’était Erling qui l’avait dit la dernière fois, que la Norvège avait changé pour toujours. Maintenant, il y aura une autre semaine de fête. Ensuite, il y aura un match samedi. J’ai donc peur pour la santé des gens. »
Ståle Solbakken, sélectionneur national, via NRK
Le défi est désormais colossal : affronter l’Angleterre ce samedi. Pour Karl-Petter Løken, secrétaire général de la fédération norvégienne de football, le moment est simplement historique : « ça ne peut pas être mieux que ça ». La Norvège, qui a atteint son meilleur classement en Coupe du monde depuis 1998, tente désormais de transformer un phénomène viral et une ferveur royale en une qualification pour le dernier carré.
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