Le candidat à la présidence Atiku Abubakar a exigé que le gouvernement fédéral nigérian garantisse la sécurité de Peter Obi, après que ce dernier a affirmé que sa vie était en danger. Atiku a également appelé à la libération de Nasir El-Rufai, dénonçant une dérive autoritaire face aux opposants politiques.
L’alerte de Peter Obi et la riposte du Palais présidentiel
L’escalade verbale a débuté lorsque Peter Obi, candidat du Nigeria Democratic Congress (NDC), a suggéré que le gouvernement de Bola Tinubu le ciblait systématiquement, rendant ses activités quotidiennes difficiles et menaçant son gagne-pain. Selon Premium Times Nigeria, Obi a même évoqué la possibilité de ne pas être en vie pour les élections de janvier 2027.

Bayo Onanuga, conseiller spécial à l'information et à la stratégie du président Tinubu, a balayé ces inquiétudes, les qualifiant de narratives fabriquées.
M. Onanuga a notamment tourné en dérision un incident à l’aéroport où la voiture de Peter Obi aurait été bloquée, suggérant que cela résultait simplement d’un « non-respect des réglementations de stationnement ». Plus provocateur encore, le conseiller présidentiel a affirmé que Fidelity Bank, dans laquelle Obi aurait un « intérêt substantiel », continue de prospérer grâce aux réformes économiques du gouvernement Tinubu, contredisant ainsi l’idée d’un ciblage financier.
Atiku Abubakar transforme un cri d’alarme en test démocratique
Via son conseiller Phrank Shaibu, Atiku a transformé la menace perçue sur Peter Obi en un enjeu constitutionnel global, affirmant que la sécurité des leaders de l'opposition est une obligation de l'État.

Atiku a élargi son offensive en demandant la libération immédiate de Nasir El-Rufai et le retour des enfants et enseignants enlevés à travers le pays. Pour lui, le gouvernement confond la survie politique avec la gouvernance en s’attaquant à ses critiques plutôt qu’aux véritables ennemis du pays : la pauvreté, la faim, l’insécurité et la corruption.
La stratégie de la « Troisième Force » : Un pari risqué pour 2027
Derrière ces tensions se joue une reconfiguration majeure de l’opposition. Selon Vanguard, un groupe appelé National Opposition Coalition Group (NOCG), dirigé par David Mark, a orchestré des réunions secrètes à Abuja. L’objectif est clair : unir Atiku, Obi, El-Rufai et d’autres figures comme Babachir Lawal pour évincer Bola Tinubu en 2027.
Cependant, l’unité est fragile. Le choix de la plateforme politique divise : si l’ADC semble être l’option privilégiée, Nasir El-Rufai pousserait pour le Social Democratic Party (SDP). Cette friction interne survient dans un contexte où même les autorités spirituelles expriment des doutes.
Le Primate Elijah Ayodele, leader de l’église INRI Evangelical Spiritual Church, a averti ces politiciens qu’une alliance sans une préparation sérieuse et une dimension spirituelle serait vaine. Selon Daily Post, il estime qu’aucun candidat ne peut battre Tinubu seul, affirmant spécifiquement qu’Atiku et Obi sont incapables de gagner individuellement.
Un héritage de coalitions fragiles et de crises sociales
L’histoire politique du Nigeria semble hanter les ambitions du NOCG. Le pays a une longue tradition d’alliances qui s’effondrent sous le poids des ego et des divergences régionales. Les exemples cités par Vanguard rappellent la fragilité de ces structures :

- Première République : L’alliance NPC-NCNC a été minée par des désaccords régionaux, menant au coup d’État de 1966.
- 1964 : La rivalité entre la NNA et l’UPGA a engendré des violences généralisées et un nouveau coup d’État en 1966.
- Seconde République : Les partenariats du NPN sous Shehu Shagari ont sombré dans la corruption et les troubles économiques avant 1983.
Pendant que les leaders se disputent le pouvoir, d’autres candidats, comme Donald Duke du SDP, tentent de déplacer le débat vers des enjeux socio-économiques. Duke a notamment critiqué la gestion du salaire minimum par le gouvernement fédéral, qualifiant la réponse actuelle de « pompier », soit une solution à court terme pour un problème structurel profond.
L’avenir de l’opposition nigériane dépendra désormais de sa capacité à transformer des griefs personnels et des peurs sécuritaires en un bloc cohérent. Entre les accusations de « mensonges et propagande » venant de la présidence et les appels à la solidarité d’Atiku, la route vers janvier 2027 s’annonce comme un champ de mines politique où la survie individuelle et l’ambition collective s’entrechoquent.
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