Escalade au Moyen-Orient : L’Iran riposte, le prix du pétrole flambe et l’avenir reste incertain
Washington/Téhéran – La tension au Moyen-Orient s’est considérablement accrue ces derniers jours, avec une escalade des attaques et des représailles impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis. L’offensive militaire conjointe américaine et israélienne, débutée le 28 février, a conduit à la mort de figures clés iraniennes, dont le guide suprême, l’ayatollah Ali Jamenei, et a déclenché une réponse iranienne déterminée qui menace de transformer le conflit en une guerre régionale plus vaste.
L’Iran a riposté en ciblant des navires dans le golfe Persique, avec plusieurs attaques signalées au cours des dernières semaines. Jeudi, deux pétroliers ont été attaqués dans le port irakien de Basra et un porte-conteneurs en eaux émiraties, s’ajoutant à une série d’incidents similaires. Ces actions, combinées à la menace persistante de fermer le détroit d’Ormuz – une voie maritime cruciale pour le commerce mondial de pétrole – ont fait grimper le prix du baril de pétrole au-dessus de 100 dollars, forçant les États-Unis à libérer 172 millions de barils de leurs réserves stratégiques et l’Agence Internationale de l’Énergie à coordonner la libération d’environ 400 millions de barils supplémentaires.
Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Jamenei, a appelé à la vengeance pour les "martyrs" de la guerre et a réaffirmé la détermination de l’Iran à maintenir la fermeture du détroit d’Ormuz comme moyen de pression. Son premier message, diffusé par une présentatrice de télévision officielle avec une photo de lui et le drapeau iranien en arrière-plan, a alimenté les rumeurs concernant son état de santé, après des informations selon lesquelles il aurait été légèrement blessé lors du bombardement qui a coûté la vie à son père.
Jamenei a également menacé d’attaquer "toutes les bases américaines" dans la région et a appelé les pays voisins à clarifier leur position vis-à-vis des "assassins de notre peuple", en référence aux États-Unis et à Israël. Il a notamment évoqué l’attaque attribuée à Washington contre une école primaire à Minab, qui aurait fait 175 morts, principalement des enfants.
L’Iran a également coordonné ses actions avec son allié libanais, le Hezbollah, pour lancer une attaque sans précédent contre le nord d’Israël, avec environ 200 projectiles tirés. Des drones ont également atteint des infrastructures au Koweït, à Dubaï, au Bahreïn et en Arabie saoudite, ainsi que des installations militaires en Irak, où un missile a touché une base italienne sans faire de victimes.
Le conflit a déjà fait plus de 2 000 morts, dont plus de 1 200 en Iran et plus de 600 au Liban, selon les données officielles. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a signalé que plus de 3,2 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur de l’Iran, suscitant des craintes d’une vague de réfugiés vers les pays voisins, notamment la Turquie.
Malgré les déclarations optimistes du président américain Donald Trump, qui affirme avoir "gagné" la guerre, les services de renseignement américains estiment que le régime iranien ne s’effondre pas. Les experts soulignent que l’Iran a des objectifs plus modestes que les États-Unis et Israël, se contentant de "survivre" et de maintenir sa capacité à perturber la région.
Les États-Unis et Israël ont dégradé les capacités militaires iraniennes, mais n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs initiaux, notamment le démantèlement du programme nucléaire iranien, la destruction de sa capacité de missiles et la dissolution de son réseau d’alliances régionales.
L’avenir reste incertain, avec des options limitées pour toutes les parties impliquées. Une escalade supplémentaire du conflit pourrait entraîner une réponse iranienne encore plus dure, tandis qu’une désescalade pourrait laisser un régime iranien plus radicalisé au pouvoir. La situation souligne la nécessité urgente d’une solution diplomatique et d’un accord international rigoureux pour garantir la stabilité régionale et prévenir une nouvelle guerre dévastatrice.
