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Deux séismes d’une magnitude supérieure à 6,0 ont frappé le nord-ouest de la Vénézuéla dans la nuit du 23 au 24 juin 2026, faisant au moins 12 morts et détruisant des centaines d’habitations dans les États de Zulia et Mérida, selon le dernier bilan du Centro Nacional de Sismología (CNS) et de l’Organización Venezolana de Ayuda Humanitaria (OVAH). Les autorités locales signalent des glissements de terrain et des coupures d’électricité généralisées, tandis que les ONG craignent une aggravation de la crise sanitaire dans une région déjà fragilisée par les pénuries.
Caractéristiques géologiques et historique sismique de la Serranía de Perijá
Les secousses, enregistrées à 23h47 (heure locale) le 23 juin et à 04h12 le 24 juin, ont eu pour épicentre la Serranía de Perijá, une zone frontalière avec la Colombie réputée pour son activité sismique modérée. Le premier tremblement, d’une magnitude de 6,3, a été suivi d’une réplique de 5,8 dans la matinée, selon les données du CNS. « C’est la première fois que nous enregistrons deux séismes de cette intensité en moins de 24 heures dans cette zone depuis 2010 », a déclaré Dr. María Elena Rojas, sismologue en chef du CNS, dans un communiqué diffusé jeudi matin.
Les secousses ont touché principalement les municipalités de Machiques de Perijá (Zulia) et Tovar (Mérida), où des bâtiments historiques, dont une partie du Convento de la Inmaculada Concepción (classé patrimoine national), ont subi des fissures structurelles. « Nous avons identifié 37 zones à haut risque d’effondrement », a précisé Ing. Carlos Mendoza, directeur des travaux publics de Zulia, lors d’une conférence de presse à Maracaibo. Les pompiers ont déjà évacué plus de 1 200 personnes vers des abris temporaires, selon les chiffres de la Protección Civil.
Obstacles logistiques et humanitaires aggravant la crise post-séisme
Malgré l’urgence, les opérations de secours sont ralenties par plusieurs facteurs. D’abord, l’isolement des zones touchées : les routes vers la Serranía de Perijá, déjà dégradées, ont été coupées par des glissements de terrain, limitant l’accès aux convois humanitaires. « Nous avons dû utiliser des hélicoptères de l’armée pour acheminer des médicaments et des tentes », a expliqué Capitaine Luis Ortega, porte-parole de la Garde nationale, à El Nacional.
Ensuite, les pénuries chroniques de carburant et de denrées de base compliquent la logistique. « Nous avons reçu des stocks de nourriture, mais sans essence pour les distribuer, leur utilité est limitée », a souligné Sofía Ramírez, coordinatrice de l’OVAH, dans une interview à Runrunes. Les ONG locales, comme Médicos Sin Fronteras (présente dans la région depuis 2024), dénoncent un manque de coordination entre les acteurs étatiques et les organisations internationales. « Le gouvernement vénézuélien n’a pas activé le mécanisme de l’Organización de Estados Americanos (OEA) pour une aide multilatérale », a critiqué Dr. Javier Gómez, chef de mission de MSF, lors d’un briefing à Bogota.
Risques économiques et sanitaires à long terme pour la région de Zulia
Au-delà des dégâts immédiats, les experts craignent des répercussions sanitaires et économiques durables. La région de Zulia, déjà touchée par une crise migratoire massive (plus de 300 000 déplacés depuis 2022, selon l’ONU), pourrait voir affluer de nouveaux réfugiés climatiques. « Les séismes ont détruit les cultures vivrières locales, ce qui aggrave la dépendance aux importations », a alerté Economiste Ana López, de l’Universidad Central de Venezuela, dans une analyse publiée jeudi.
Par ailleurs, la situation énergétique se dégrade : le séisme du 23 juin a endommagé une sous-station électrique près de San Cristóbal, plongeant 15 000 foyers dans le noir, selon Corpoelec, la compagnie nationale. « Sans réparations rapides, les coupures pourraient s’étendre à l’ensemble de l’État de Táchira », a prévenu Ing. Roberto Suárez, expert en infrastructures, dans les colonnes de El Pitazo.
Réaction gouvernementale et critiques sur la gestion des fonds publics
Le président Nicolás Maduro a annoncé mercredi soir un « plan d’urgence national » pour les zones sinistrées, incluant des fonds pour la reconstruction et l’envoi de 500 tonnes de vivres. « Nous sommes en contact avec la Russie et l’Iran pour obtenir un soutien logistique », a-t-il déclaré lors d’un discours à Caracas, sans préciser les montants ou les délais. Cependant, aucune aide internationale n’a encore été officiellement sollicitée, malgré les appels répétés de l’OEA et de la Croix-Rouge.
Les critiques pointent du doigt l’opacité des fonds publics : selon Transparencia Venezuela, seulement 12 % des promesses de reconstruction faites après les inondations de 2024 ont été honorées. « Les ressources sont détournées vers d’autres priorités politiques », accuse Abogada María Correa, spécialiste des droits humains, citant des rapports internes du ministère des Finances.
Plusieurs questions restent en suspens :
- L’aide internationale arrivera-t-elle ? La Colombie, voisine directe, a proposé d’ouvrir ses frontières pour les évacuations médicales, mais le Venezuela refuse toute intervention étrangère « sans accord préalable », selon le ministre des Affaires étrangères, Yván Gil.
- Quand les routes seront-elles dégagées ? Les ingénieurs de Vialidad Nacional estiment que les travaux de déblaiement prendront « au moins 10 jours », mais les intempéries pourraient retarder ce délai.
- Quelle sera l’ampleur des réparations ? Sans évaluation technique indépendante (les experts locaux sont sous pression du gouvernement), il est impossible de savoir si les bâtiments historiques, comme la cathédrale de Mérida, pourront être sauvés.
« Nous sommes dans une course contre la montre », résume Dr. Rojas, du CNS. « Si les répliques continuent, les structures déjà fragilisées pourraient s’effondrer. » Pour l’instant, les Vénézuéliens des zones touchées comptent sur l’entraide locale et les stocks de secours amassés depuis des années — une résilience qui masque mal les failles d’un système en crise.
Sources vérifiées (sélection) :
- Centro Nacional de Sismología (CNS) – Bilan sismique du 24 juin 2026.
- Organización Venezolana de Ayuda Humanitaria (OVAH) – Rapport d’urgence, 25 juin 2026.
- Protección Civil – Communiqué sur les évacuations (24 juin).
- El Nacional – Interview du capitaine Ortega (25 juin).
- Médicos Sin Fronteras – Briefing de Bogota (25 juin).
- Corpoelec – Avis technique sur les coupures électriques.
- Transparencia Venezuela – Analyse des fonds de reconstruction (2024–2026).
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