Alerte aux consommateurs : Des PFAS retrouvés dans le poisson de la mer du Nord et de la Baltique
BRUXELLES – Une nouvelle étude révèle la présence de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans le poisson consommé en Europe, notamment en provenance de la mer du Nord et de la mer baltique. Si la découverte n’est pas une surprise pour les scientifiques, elle soulève des inquiétudes sanitaires et appelle à une action réglementaire accrue.
Bernd Göckener, expert en contamination environnementale, souligne que la présence de PFAS dans les poissons est connue depuis des années. Il tempère toutefois l’alarme, appelant à une vigilance accrue plutôt qu’à une panique.
Les concentrations de PFAS sont particulièrement élevées dans le poisson, les œufs et le gibier sauvage, selon l’étude. Les plantes sont également contaminées, mais dans une moindre mesure. Une étude de 2021 a même montré que les végétaliens présentent des niveaux de PFAS plus faibles dans le sang que les consommateurs de viande.
Des mesures réglementaires en cours, mais insuffisantes ?
les autorités européennes ont déjà mis en place des mesures pour limiter l’utilisation des PFAS. Certaines substances sont en cours de remplacement par des alternatives. Les données de l’équipe de Göckener, basées sur les archives de la banque fédérale d’échantillons environnementaux, montrent une légère diminution des concentrations de PFAS au fil des décennies.
Cependant, le problème persiste. Récemment, la Commission européenne a restreint l’utilisation des PFAS dans les mousses anti-incendie, une source majeure de pollution. Une campagne de test menée par la présidence danoise du Conseil de l’UE a également révélé la présence de PFAS dans le sang de 24 hommes politiques de premier plan.
Qu’est-ce que les PFAS et pourquoi sont-ils préoccupants ?
Les PFAS sont un groupe de milliers de produits chimiques synthétiques utilisés dans une large gamme de produits de consommation courante, tels que les revêtements antiadhésifs, les emballages alimentaires, les textiles imperméables et les mousses anti-incendie.Ils sont extrêmement persistants dans l’environnement et dans le corps humain, d’où leur surnom de “produits chimiques éternels”.
L’exposition aux PFAS a été associée à divers problèmes de santé, notamment des troubles du système immunitaire, des cancers, des problèmes de reproduction et des maladies cardiovasculaires.
que faire pour se protéger ?
Bien que l’élimination complète des PFAS de notre environnement soit un défi de longue haleine, il existe des mesures que les consommateurs peuvent prendre pour réduire leur exposition :
* Limiter la consommation de poisson provenant de zones potentiellement contaminées.
* privilégier une alimentation variée et riche en fruits et légumes.
* Éviter les produits contenant des PFAS, lorsque cela est possible. (Vérifier les étiquettes et rechercher des alternatives).
* Soutenir les initiatives visant à réglementer et à réduire l’utilisation des PFAS.
La Commission européenne continue d’évaluer les risques liés aux PFAS et envisage de nouvelles mesures réglementaires pour protéger la santé publique et l’environnement. L’avenir de la gestion des PFAS en Europe reste un enjeu majeur.
