Une dynamique portée par les méga-opérations

La croissance du marché des transactions ne montre aucun signe d’essoufflement. Après une année 2025 vigoureuse, le premier semestre 2026 a confirmé la tendance, avec un volume global de 3 160 milliards de dollars. Ce chiffre représente la performance la plus importante jamais enregistrée sur une période de six mois par Mergermarket. Au cœur de cette activité, les transactions dépassant les 10 milliards de dollars jouent un rôle déterminant : 48 opérations de cette envergure ont été recensées, totalisant 1 320 milliards de dollars.
Le secteur technologique, notamment via l’intelligence artificielle, occupe une place centrale dans ces chiffres records, illustrée par la levée de fonds de 122 milliards de dollars réalisée par OpenAI. Cette soif de capitalisation témoigne d’une volonté des conseils d’administration de renforcer leur échelle dans un contexte mondial marqué par des risques géopolitiques élevés, mais des régulateurs perçus comme plus accommodants.
La domination des géants du conseil financier

La hiérarchie des conseillers financiers reste concentrée entre les mains de quelques acteurs majeurs. Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley occupent le podium des classements mondiaux et régionaux, chacun ayant conseillé des transactions cumulées dépassant les 500 milliards de dollars.
Goldman Sachs conserve sa position de leader avec un volume de 1 230 milliards de dollars, en progression de 71,2 % sur un an. Cette performance s’appuie notamment sur son rôle de conseiller principal pour Dominion Energy dans le cadre de son accord de 118,8 milliards de dollars avec NextEra Energy. De son côté, JPMorgan a enregistré un volume de 818,8 milliards de dollars, marquant un rebond notable au deuxième trimestre, tandis que Morgan Stanley a atteint 673,1 milliards de dollars.
L’Europe, nouveau terrain de jeu pour la consolidation
Si le marché mondial est en effervescence, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique se distinguent particulièrement avec une hausse de 77 % de la valeur des transactions au 31 mai, selon Bain & Company. Ce dynamisme régional reflète des stratégies de transformation visant à accroître la compétitivité locale et mondiale.
Les transactions récentes illustrent cette diversité stratégique :
- Consolidation domestique : L’offre de 24 milliards de dollars portée par Orange, Bouygues et Iliad pour Altice France.
- Échelle régionale : L’approche de l’italien UniCredit pour la Commerzbank allemande, visant à renforcer sa présence sur le marché européen.
- Expansion mondiale : L’offre de 34,4 milliards de dollars du finlandais Kone pour TK Elevator, combinant l’exposition américaine de TK avec la force de Kone en Asie-Pacifique.
Les obstacles réglementaires à l’horizon
Malgré l’optimisme des chiffres, les perspectives pour le second semestre 2026 sont tempérées par des préoccupations réglementaires. Selon le rapport 2026 sur les tendances et risques mondiaux en matière de M&A, publié par Norton Rose Fulbright et Mergermarket, l’antitrust est identifié comme le facteur le plus susceptible de freiner l’activité aux États-Unis, comme le rapporte MLex.
Les dirigeants interrogés dans cette étude pointent trois zones de régulation majeures susceptibles de peser sur les transactions à venir :
- Les réglementations antitrust.
- Les mesures de sanctions et de lutte contre la corruption.
- Les lois sur la sécurité nationale.
Cette prudence réglementaire pourrait entrer en collision avec les impératifs de transformation numérique auxquels les entreprises font face. Comme le souligne l’analyse de marché, les acquéreurs doivent désormais résoudre un paradoxe : comment concilier des agendas de fusions ambitieux avec les exigences de transformation profonde imposées par la disruption technologique et les nouvelles contraintes de conformité.
Find more reporting in our Économie section.

