Autriche : Des religieuses âgées défient l’ordre de transfert et occupent leur monastère avec l’aide d’anciens élèves
linz, Autriche – Une situation inédite se déroule en Autriche où trois religieuses âgées ont refusé de quitter le monastère où elles vivent depuis des décennies, défiant ainsi les directives de leur congrégation.Soutenues par un groupe d’anciens élèves et une communauté grandissante sur les réseaux sociaux, les sœurs occupent le site et revendiquent leur droit de rester.
L’affaire a débuté il y a environ deux ans lorsque la congrégation a ordonné le transfert des religieuses vers une maison de retraite. Promesse avait été faite qu’elles pourraient rester dans le monastère, situé près de la frontière bavaroise, mais cette promesse n’a pas été tenue. Sœur Bernadette, l’une des religieuses, a déclaré au journal “la norme” qu’elle ne souhaite absolument pas vivre dans une maison de soins infirmiers, affirmant : “J’ai dit que je suis assurée de ne pas mourir à l’intérieur.”
Depuis, les sœurs ont trouvé un soutien inattendu auprès d’une trentaine d’anciens élèves du collège lié au monastère. Ces derniers fournissent aux religieuses nourriture, assistance médicale et gèrent leur présence médiatique, notamment sur Instagram où elles partagent des moments de leur quotidien : prières, repas, tâches ménagères. Les vidéos montrent des sœurs actives et pleines d’humour, comme sœur Rita qui invite à des “courses sur le couloir” pour prouver leur mobilité.
La situation a provoqué une fracture au sein de la congrégation. Sœur Beate Brandt, présidente de la Fédération des femmes de la chorale Augustinien en allemagne, a publiquement condamné la “désobéissance” des sœurs. La direction de l’abbaye, représentée par le manager Grasl, a cessé toute dialogue directe avec les religieuses, préférant passer par des intermédiaires.
Contexte et enjeux : La place des communautés religieuses en Europe au xxie siècle
Cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontées les communautés religieuses en Europe. Le vieillissement de la population religieuse, la diminution des vocations et les challengingés financières obligent souvent les congrégations à revoir leur organisation et à fermer des établissements. Ces décisions peuvent susciter des tensions, notamment lorsque des membres de la communauté ont tissé des liens profonds avec un lieu et souhaitent y rester jusqu’à la fin de leur vie.
L’utilisation des réseaux sociaux par les religieuses est également un phénomène notable.Elle témoigne de leur capacité à s’adapter aux nouvelles technologies et à mobiliser un soutien public. Cette stratégie de communication permet de sensibiliser l’opinion publique à leur situation et de faire pression sur la congrégation pour qu’elle reconsidère sa décision.
L’issue de cette occupation reste incertaine. L’affaire soulève des questions importantes sur l’autonomie des personnes âgées, le respect des engagements pris et la place des communautés religieuses dans la société contemporaine. Le soutien croissant des anciens élèves et de la communauté en ligne pourrait jouer un rôle déterminant dans la résolution de ce conflit.
