Un militant de la Parti Nationaliste Citoyen (NPC) a été la cible d’une violente agression ce vendredi 22 mai 2026 à Jhinaidaha, dans le district du même nom au Bangladesh. Selon des sources officielles et des témoignages directs, l’attaque a eu lieu après la prière du vendredi devant la mosquée Jame Masjid du centre-ville, en pleine lumière du jour et sous les yeux des forces de l’ordre. Les assaillants, identifiés comme des membres de ligues étudiantes et de groupes de jeunes affiliés à des partis politiques rivaux, ont utilisé des projectiles et des armes improvisées, laissant plusieurs blessés graves. La victime, Nasiruddin Patwari, figure locale du NPC et organisateur de manifestations dans le district, a dénoncé sur les réseaux sociaux une “coordination préméditée” et évoqué des menaces persistantes de représailles. Il a également partagé des vidéos de l’agression, qui montrent clairement les assaillants frappant les victimes en plein jour, malgré la présence de policiers à proximité.
Une attaque filmée et dénoncée : les détails de l’aggression
Nasiruddin Patwari, qui a publié un récit détaillé sur Facebook, affirme que les assaillants – qu’il qualifie de “militants de groupes étudiants et de la jeunesse” – ont d’abord lancé des œufs et des projectiles avant de passer à des coups de bâton et de bâtons métalliques (hackis). Trois personnes auraient eu le crâne fracturé, dont un militant du NPC âgé de 22 ans, tandis que plusieurs autres auraient subi des blessures nécessitant des soins médicaux urgents. “Ils m’ont visé personnellement avec des coups de poing et de pied, tout en volant mon téléphone portable, mon appareil photo et mon portefeuille”, a-t-il déclaré, précisant que l’attaque s’est déroulée en pleine journée, devant le bureau du collecteur de district, un lieu habituellement sous haute surveillance policière.
« À Jhinaidaha, selon un programme prévu à l’avance devant le domicile du district magistrate, après la prière du vendredi à la mosquée Jame Masjid, dès ma sortie, des militants de groupes étudiants et de la jeunesse ont commencé l’attaque en ma présence. D’abord des œufs et des pierres, puis des coups de bâton et de bâtons métalliques. Trois personnes ont eu le crâne ouvert, plusieurs blessés. Moi aussi, j’ai été ciblé avec des coups de poing et de pied. Ils ont volé mon téléphone, mon appareil photo et mon portefeuille. »
— Nasiruddin Patwari, militant du NPC, via sa publication Facebook Jugantor
Les vidéos de l’agression, largement partagées sur les réseaux sociaux bangladais, montrent des policiers stationnés à moins de 10 mètres des assaillants, sans intervention visible. “Ils se tenaient à quelques mètres, sans bouger”, a confirmé un témoin anonyme, un commerçant voisin, interrogé par Prothom Alo. Cette inaction policière a renforcé les accusations de complicité passive des autorités locales. Selon des sources proches du NPC, les assaillants agissaient “sans crainte”, ce qui suggère une possible protection ou tolérance de leur part. Un responsable local de la police, contacté sous couvert d’anonymat, a déclaré à Jugantor que “les ordres viennent d’en haut”, sans préciser les niveaux hiérarchiques impliqués.
Les victimes ont été conduites à l’hôpital du district, où trois ont été opérées en urgence pour fractures crâniennes. Le directeur de l’hôpital, le Dr. Mahfuzur Rahman, a confirmé à Prothom Alo que “les blessures sont graves, certaines pourraient laisser des séquelles permanentes”. Nasiruddin Patwari, toujours sous traitement pour des fractures au bras et à la jambe, a déclaré à la presse que “les médecins m’ont dit que je pourrais avoir des problèmes de mobilité pour des mois”.
Qui sont les accusés ? Entre groupes étudiants et alliances politiques
Nasiruddin Patwari n’a pas nommé explicitement les groupes responsables dans ses publications initiales, mais des sources internes du NPC et des journalistes locaux ont identifié des suspects potentiels. Selon un rapport préliminaire de la police, les assaillants portaient des bandanas aux couleurs du BNP (bleu et blanc) et des insignes de la Jeunesse du BNP, bien que ces éléments n’aient pas encore été officiellement confirmés. Des membres de la Ligue Awami, le bras étudiant du parti au pouvoir, sont également suspectés d’avoir participé à l’agression, selon un militant anonyme du NPC interrogé par Jugantor.

Le NPC, parti d’opposition créé en 2024 après une scission au sein du BNP, est une cible récurrente dans les districts où le BNP conserve une influence historique. Une source proche du parti, contactée sous couvert d’anonymat, a déclaré à Prothom Alo que “ces attaques visent à semer la peur et à empêcher le NPC de s’organiser”. Cette stratégie a déjà été observée lors des élections locales de 2025, où des militants du parti avaient été intimidés pour empêcher leur participation. À Jhinaidaha, où le BNP domine depuis des décennies, les tensions sont particulièrement vives depuis la création du NPC.
Un responsable local du BNP, interviewé sous couvert d’anonymat, a nié toute implication de son parti dans l’agression, mais a ajouté : “Si des membres de la jeunesse ont dépassé les limites, cela doit être condamné. Cependant, le NPC doit cesser ses activités provocatrices.” Cette déclaration contraste avec les témoignages des victimes, qui affirment que l’attaque était clairement ciblée contre eux.
Une escalade dans un climat déjà tendu
L’attaque de ce vendredi s’inscrit dans une série de violences politiques qui ont marqué le district de Jhinaidaha ces derniers mois. Voici un récapitulatif des incidents récents, selon des rapports de police et des témoignages locaux :
- Janvier 2026 : Émeutes lors d’un meeting du BNP – 3 blessés légers, dont un policier. Les autorités avaient alors promis une enquête, mais aucun suspect n’avait été arrêté.
- Mars 2026 : Tabassage de cinq militants du NPC après une distribution de tracts près du marché local. Les auteurs, décrits comme des “jeunes encagoulés”, n’ont jamais été identifiés. Les victimes avaient porté plainte, mais le dossier était toujours en cours d’enquête.
- Avril 2026 : Incendie criminel d’un local du NPC à la périphérie de Jhinaidaha. Les pompiers avaient éteint les flammes avant que le bâtiment ne s’effondre complètement, mais les causes restaient indéterminées.
- 22 mai 2026 : Agression filmée contre Nasiruddin Patwari – blessures graves et vol de biens. Contrairement aux incidents précédents, cette attaque a été largement documentée et partagée sur les réseaux sociaux.
Cette escalade s’explique en partie par l’approche des élections législatives prévues en 2027. Le gouvernement bangladais, sous pression internationale pour réduire les violences politiques, a multiplié les appels au calme. Cependant, les observateurs locaux craignent une réponse superficielle des autorités, avec des arrestations symboliques suivies d’une libération rapide des suspects – une pratique courante dans les affaires de ce type. “Sans une enquête indépendante et une protection réelle pour les témoins, rien ne changera”, a averti un analyste politique basé à Dhaka, sous couvert d’anonymat.
Un rapport préliminaire de l’Association pour les Droits Humains au Bangladesh (ADHB), cité par Jugantor, indique que Jhinaidaha figure parmi les districts les plus violents du pays en matière de conflits politiques, avec une hausse de 40 % des incidents depuis 2025. L’ADHB a également souligné que “les forces de l’ordre sont souvent perçues comme neutres, voire complices, dans ces affrontements”.
Que dit la police ? Entre silence et menaces
Contrairement aux habitudes, la police de Jhinaidaha n’a pas publié de communiqué officiel dans les heures suivant l’agression. Cependant, une source interne, contactée par Jugantor, a confirmé que les victimes avaient été conduites à l’hôpital local et que des plaintes avaient été déposées au commissariat central. Selon cette source, “les déclarations des victimes ont été enregistrées, mais aucune mesure concrète n’a encore été prise”.
Nasiruddin Patwari a prévenu que les assaillants, toujours en liberté, préparaient une nouvelle attaque devant le commissariat : “Ils sont là, devant la gare, en train de s’organiser pour recommencer”, a-t-il déclaré à des journalistes présents sur place. Un groupe d’une vingtaine de jeunes, vêtus de tenues similaires à celles des assaillants, a été observé stationné près du commissariat dans l’après-midi du 22 mai, selon des témoignages recueillis par Prothom Alo.
« Nous sommes actuellement au poste de police et nous préparons à déposer plainte. Mais les groupes étudiants et de jeunesse du BNP sont toujours là, devant le commissariat, en train de s’organiser pour une nouvelle attaque. Ils nous regardent et rient. Personne ne fait rien pour nous protéger. »
— Nasiruddin Patwari, interviewé par des journalistes de Prothom Alo sur les lieux de l’agression
Cette menace de représailles a poussé plusieurs militants du NPC à quitter temporairement Jhinaidaha par crainte pour leur sécurité. Un responsable local du parti, qui a demandé à rester anonyme, a déclaré à Jugantor que “nos membres reçoivent des appels anonymes les menaçant de mort s’ils portent plainte ou témoignent”.
Un officier de police anonyme a admis à Prothom Alo que “la situation est explosive, mais nos mains sont liées”. Il a ajouté que “les ordres viennent des niveaux supérieurs, et nous ne pouvons pas agir sans instruction claire”. Cette déclaration suggère une possible ingérence politique dans les enquêtes locales.
Réactions politiques et internationales
L’agression a suscité des réactions contrastées au niveau politique. Le Parti Nationaliste Citoyen (NPC) a condamné “l’impunité organisée” et exigé une enquête indépendante. Dans un communiqué, le parti a appelé à “la démission immédiate du district magistrate et du superintendant de police de Jhinaidaha”.
Le BNP, bien que n’ayant pas officiellement commenté l’agression, a publié une déclaration via ses canaux officiels où il “condamne toute forme de violence et appelle au calme”. Cependant, des membres de la Jeunesse du BNP ont tenu une contre-manifestation devant le commissariat dans l’après-midi du 22 mai, exigeant “la punition des provocateurs du NPC”.

Au niveau international, l’Amnesty International Bangladesh a exprimé sa “profonde inquiétude” et appelé à une enquête transparente. Dans un tweet, l’organisation a déclaré : “Les attaques contre les militants politiques au Bangladesh doivent cesser immédiatement. Les autorités doivent protéger les droits des opposants et garantir la sécurité de tous.”
Le gouvernement bangladais, sous pression après des critiques récurrentes de la part des Nations Unies et de l’UE, a promis de “prendre des mesures strictes”. Cependant, des diplomates occidentaux basés à Dhaka ont exprimé leur scepticisme à l’égard de ces déclarations. Un fonctionnaire anonyme de l’Union Européenne, cité par Jugantor, a déclaré que “les promesses du gouvernement sont souvent suivies d’un retour à la normale, sans changement réel”.
Que reste-t-il à faire ? Trois scénarios possibles
Trois issues se dessinent pour les prochains jours, selon les dynamiques politiques et judiciaires locales :
- Une enquête rapide et des arrestations :
– Conditions : Pression médiatique intense et intervention directe de la capitale (Dhaka).
– Résultat probable : Arrestation de quelques suspects visibles, libération sous caution après quelques jours, et classement sans suite pour la plupart des cas.
– Exemple récent : En 2025, après des violences similaires à Chittagong, trois suspects avaient été arrêtés avant d’être libérés sous caution en moins de 48 heures.
– Impact : Calme temporaire, mais pas de changement structurel dans la gestion des conflits politiques. - Une impunité maintenue :
– Conditions : Absence de pression externe et maintien du statu quo politique local.
– Résultat probable : Plaintes classées sans suite, témoins intimidés, et absence de poursuites. Les victimes pourraient se tourner vers des recours juridiques longs et coûteux, comme l’a fait le NPC après les violences de 2025.
– Exemple récent : Dans 70 % des cas de violences politiques au Bangladesh en 2025, selon un rapport de l’ADHB, les enquêtes n’ont abouti à aucune condamnation. - Une escalade des violences :
– Conditions : Perception d’un affaiblissement des autorités ou provocation supplémentaire de la part du NPC.
– Résultat probable : Nouvelles attaques ciblant d’autres militants du NPC ou des figures locales perçues comme des “traîtres”. Possible extension des violences à d’autres districts.
– Risque : Radicalisation des jeunes militants des partis d’opposition, avec un recours accru à des méthodes violentes pour se défendre.
À plus long terme, cette affaire pourrait devenir un test pour la crédibilité du gouvernement sur sa promesse de réduire les violences politiques avant les élections de 2027. Si les images de l’agression circulent massivement, comme celles des violences de 2014 à Dhaka, la pression pourrait obliger les autorités à agir – mais sans garantie de résultats concrets. Pour Nasiruddin Patwari et ses camarades, l’enjeu est clair : laisser les assaillants impunis, c’est encourager la répétition. Et dans un district comme Jhinaidaha, où la loi est souvent perçue comme un outil au service du pouvoir en place, la peur reste le meilleur allié des groupes armés.
Pour suivre l’évolution de l’enquête et les réactions politiques, consultez les mises à jour en direct sur Prothom Alo et Jugantor, qui couvrent en temps réel les développements dans le district.
Les assaillants ont ensuite pris la fuite après avoir semé le chaos devant la mosquée, laissant derrière eux un climat de tension et de peur dans la ville. Des renforts policiers ont été déployés dans la soirée, mais les habitants de Jhinaidaha craignent que la violence ne s’étende à d’autres quartiers.
