Hausse des taux hypothécaires : le pétrole et les tensions géopolitiques pèsent sur l’accession à la propriété au printemps 2026
WASHINGTON – L’espoir d’un printemps dynamique pour le marché immobilier américain pourrait être assombri par une remontée des taux hypothécaires, alimentée par la flambée des prix du pétrole et les tensions persistantes au Moyen-Orient. Les acheteurs potentiels observent avec inquiétude une situation qui pourrait compromettre leur capacité à accéder à la propriété.
Selon Mortgage News Daily, le taux moyen d’un prêt hypothécaire à 30 ans, fixe, s’établissait à 6,35% jeudi dernier, dépassant les 5,99% enregistrés deux semaines auparavant, avant l’escalade des conflits impliquant les États-Unis et Israël. Bien que supérieur aux 6,82% d’il y a un an et aux 8% d’octobre 2023, ce contexte ne compense pas l’impact immédiat de la conjoncture actuelle.
« Les prix élevés du pétrole ne sont pas favorables aux taux hypothécaires », a déclaré Lawrence Yun, économiste en chef de la National Association of Realtors (NAR). Cette affirmation souligne le lien direct entre les fluctuations du marché énergétique et le coût du crédit immobilier.
L’augmentation des taux est directement liée aux craintes inflationnistes suscitées par les perturbations de l’approvisionnement pétrolier, notamment via le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique du golfe Persique. Le prix du baril de pétrole Brent a grimpé jusqu’à 119,50 dollars lundi, en hausse par rapport aux 70 dollars avant les frappes militaires américano-israéliennes, avant de redescendre à environ 100 dollars vendredi matin.
Stephen Rinaldi, président et fondateur du Rinaldi Group, un courtier hypothécaire basé près de Philadelphie, résume la situation : « Le conflit en Iran est un obstacle majeur pour les taux hypothécaires. Nous ne savons pas comment la situation va évoluer. Le pétrole alimente l’inflation, et l’inflation fait grimper les taux. »
Des options pour atténuer les risques
Face à cette incertitude, les experts conseillent aux acheteurs de se renseigner sur les options disponibles pour se protéger contre une éventuelle hausse des taux après s’être engagés. Certains prêteurs proposent des clauses de « float down », permettant aux emprunteurs de bénéficier d’un taux plus bas si les taux baissent avant la finalisation de l’achat. D’autres permettent de laisser le taux « flotter » jusqu’à la clôture, avec le risque de voir le taux augmenter, mais aussi la possibilité de profiter d’une baisse. Il est important de noter que ces options peuvent entraîner des frais supplémentaires.
Des signes d’amélioration de l’accessibilité
Malgré ces défis, le marché immobilier montre des signes d’amélioration de l’accessibilité. Les prix des logements ne grimpent plus aussi rapidement qu’auparavant, et l’inventaire augmente, offrant aux acheteurs plus de choix et un pouvoir d’achat accru.
Selon la NAR, le prix médian d’une maison unifamiliale était de 401 800 dollars en février. Avec un taux hypothécaire moyen de 6,12% ce même mois, les acheteurs devaient disposer d’un revenu de 93 696 dollars pour être éligibles à un prêt, en supposant un acompte de 20% (soit 80 360 dollars). Ce revenu est inférieur aux 101 616 dollars requis il y a un an, lorsque le taux moyen était de 6,92% et le prix médian de 400 900 dollars.
« Le marché est bien meilleur pour les acheteurs ce printemps par rapport au printemps dernier », a déclaré Yun. « Nous constatons une augmentation des stocks, ce qui donne aux acheteurs plus de choix. Et les maisons restent plus longtemps sur le marché, ce qui donne aux acheteurs plus de pouvoir d’achat. »
Bien entendu, les prêteurs prennent en compte d’autres facteurs que le revenu, tels que le pointage de crédit, l’historique de crédit et les dettes existantes, lors de l’approbation d’un prêt.
L’évolution de la situation géopolitique et des prix du pétrole restera déterminante pour l’avenir du marché immobilier américain. Les acheteurs potentiels doivent rester vigilants et se tenir informés des dernières tendances pour prendre des décisions éclairées.
