Scandale dans le cinéma israélien : le ministre de la Culture menace de retirer les fonds d’un film primé avec un acteur palestinien
Tel Aviv – Une controverse éclate dans le monde du cinéma israélien après que le ministre de la Culture, Miki Zohar, a menacé de retirer les fonds publics attribués au film “La mer”, qui a remporté plusieurs prix Ophir, les récompenses cinématographiques les plus prestigieuses d’Israël. La décision du ministre fait suite à la performance remarquée d’un jeune acteur palestinien de Gaza dans le film.
“la Mer” raconte l’histoire poignante d’un jeune Palestinien de 13 ans qui rêve de visiter la plage de Tel Aviv, un rêve brisé par le refus de lui accorder un permis de sortie de Gaza. Le film dépeint ensuite son voyage périlleux pour entrer illégalement en Israël. L’acteur palestinien, dont le nom n’a pas été divulgué, a été couronné meilleur acteur lors de la cérémonie des Ophir, tandis que son co-star, Khalifa natour, a reçu le prix du meilleur acteur de soutien.La remise de ces prix, choisie par les membres de l’Académie israélienne du film et de la télévision, a été marquée par des protestations silencieuses contre la guerre à gaza, avec des participants arborant des T-shirts portant des messages tels que “Un enfant est un enfant” et “Mettre fin à la guerre”.Le ministre Zohar,connu pour ses positions conservatrices,a déjà exprimé son mécontentement face à certains films israéliens qu’il juge critiques envers l’État. En février dernier,il avait proposé une réforme du financement du cinéma,favorisant les productions commerciales et critiquant ouvertement le documentaire oscarisé “No Othre Land”,l’accusant de nuire à l’image d’Israël.
L’Association of Civil Rights en Israël a annoncé qu’elle enquêtait sur la légalité de la menace du ministre Zohar,remettant en question la compétence du ministère de la Culture pour retirer des fonds déjà alloués.
Le producteur palestinien du film, Baher Agbariya, a reçu le prix avec un appel à l’égalité et à la tolérance, soulignant que “ce film est né de l’amour pour l’humanité et le cinéma, et son message est le droit d’un enfant à vivre et à rêver en paix, sans siège, sans crainte, et sans guerre.”
Contexte : Le cinéma israélien et la représentation palestinienne
Le cinéma israélien, bien que relativement jeune, a connu un développement significatif depuis les années 1980.Il est souvent caractérisé par une exploration complexe de l’identité israélienne, des conflits sociaux et politiques, et des relations avec le monde arabe. La représentation des Palestiniens dans le cinéma israélien a longtemps été un sujet de débat, oscillant entre des stéréotypes négatifs et des tentatives de portraits plus nuancés et empathiques.
des films comme “La Mer” contribuent à une prise de conscience accrue des réalités vécues par les Palestiniens, notamment à Gaza, et soulèvent des questions cruciales sur la liberté de mouvement, les droits de l’enfant et la nécessité d’une paix juste et durable. La controverse actuelle met en lumière les tensions persistantes entre la liberté artistique et les considérations politiques dans le contexte israélo-palestinien.
