Philanthropie climatique : 1% for the Planet frôle le milliard de dollars malgré un climat politique hostile
Par la Rédaction de nouvelles-du-monde.com
Source originale : Observer
VERMONT, États-Unis — Alors que la philanthropie environnementale traverse une zone de turbulences aux États-Unis, le réseau 1% for the Planet s’apprête à franchir un cap historique. L’organisation, basée dans le Vermont, a désormais certifié plus de 900 millions de dollars de contributions totales depuis sa création, se rapprochant rapidement de son objectif symbolique d’un milliard de dollars.
Ce jalon financier coïncide avec le 25e anniversaire de l’organisation, née en 2001 d’une vision partagée entre Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia, et Craig Matthews, propriétaire de Blue Ribbon Flies. Lors d’une expédition de pêche dans la rivière Madison, au Montana, les deux entrepreneurs avaient conclu que la protection de l’environnement ne pouvait être l’affaire d’une seule entreprise, mais devait devenir un véritable mouvement collectif.
Un modèle de résilience face aux coupes budgétaires
Le succès du réseau repose sur un engagement simple mais rigoureux : les entreprises membres s’engagent à reverser au moins 1 % de leur chiffre d’affaires à des organisations à but non lucratif environnementales agréées. Aujourd’hui, ce mouvement regroupe environ 4 500 entreprises issues de 65 secteurs d’activité dans plus de 100 pays. Parmi elles figurent des marques variées, allant de la ligne de tequila 818 de Kendall Jenner à l’entreprise de soins de la peau Youth to the People ou encore la marque de gourdes Klean Kanteen.

L’année 2025 a marqué un tournant paradoxal. Tandis que l’administration Trump provoquait un choc systémique — retrait de l’Accord de Paris, réduction des objectifs liés aux véhicules électriques et coupes drastiques dans les subventions fédérales — 1% for the Planet a enregistré son montant annuel de contributions le plus élevé de son histoire, avec 115 millions de dollars certifiés.
« Les subventions fédérales étaient perçues comme une source fiable et stable ; les voir disparaître instantanément a été un défi majeur », explique Kate Williams, PDG de l’organisation. Elle souligne que certaines ONG ont même dû fermer leurs portes dès avril 2024, fragilisées par l’instabilité financière et les pressions administratives concernant les politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI).
Du leadership de terrain à la direction mondiale
Le parcours de Kate Williams, aujourd’hui âgée de 59 ans, incarne l’esprit de résilience prôné par son organisation. Sa vocation pour le leadership et la gestion de crise s’est révélée à l’âge de 18 ans, lors d’une expédition de 30 jours dans les montagnes de la Wind River Range, au Wyoming. Confrontée à un printemps neigeux et à la fracture de la jambe de son instructeur, la jeune femme a dû diriger l’évacuation du groupe, un moment pivot qui a défini sa trajectoire professionnelle.
Avant de devenir PDG en 2015, Williams avait rejoint le réseau en 2014. Elle connaissait parfaitement le terrain, ayant précédemment dirigé le Northern Forest Canoe Trail, un sentier de pagaie s’étendant des Adirondacks jusqu’au Maine, lequel bénéficiait alors des fonds de 1% for the Planet.
Transformer le courage en action
Malgré un contexte mondial instable, marqué notamment par la guerre en Ukraine et des fluctuations réglementaires constantes, Williams observe un changement de paradigme. Après une période de « paralysie et d’inaction » en 2025, due en partie à l’incertitude économique et aux frais de tarifs douaniers, les membres du réseau reprennent la parole.

Pour le mois de la Terre, le message de l’organisation est clair : « traduire le courage en action ». Avec l’intégration croissante de comptes plus importants, 1% for the Planet ambitionne non seulement d’atteindre le milliard de dollars, mais d’accélérer la cadence pour les milliards suivants.
[Insérer ici : Post Instagram/X de @1percentfortheplanet illustrant les contributions record de 2025 et l’appel à l’action pour le mois de la Terre]
