L’Établissement hospitalier du centre-ville de Pest et l’Hôpital militaire (Észak-Pesti Centrumkórház-Honvédkórház) a communiqué les données médicales de l’ancien chef d’état-major Romulusz Ruszin-Szendi à la suite d’une demande officielle du Bureau de contrôle gouvernemental (KEHI). Cette divulgation, survenue après des articles de presse en 2025, soulève des questions sur la protection des données sensibles des personnalités protégées.
Le bras de fer juridique pour l’accès aux données
À la suite d'une procédure judiciaire victorieuse menée par l'organisation de surveillance Átlátszó, l'Hôpital militaire a été contraint de révéler les mécanismes entourant la gestion des dossiers médicaux des « personnes protégées ». Ce litige fait suite à une polémique médiatique ayant éclaté au printemps 2025, lorsque la presse pro-gouvernementale a largement diffusé des allégations concernant une intervention de liposuccion dont aurait bénéficié Romulusz Ruszin-Szendi.
Le rapport de cet organe de contrôle affirmait que l'intervention n'avait pas été réalisée avec le matériel habituel de l'hôpital, mais avec un équipement mis à disposition pour un « essai gratuit » par une clinique privée. Un détail qui alourdit le dossier : le chirurgien ayant pratiqué l'acte serait également employé par cette même structure privée, laquelle aurait suggéré l'utilisation de cet appareil spécifique au sein de l'hôpital public.
Le protocole « VIPGuard » et ses zones d’ombre
Au cœur des révélations se trouve le système « VIPGuard », un dispositif de gestion des dossiers patients au sein de l’Hôpital militaire. D’après les documents obtenus par voie judiciaire, ce système a pour fonction déclarée de limiter l’accès aux données des personnalités bénéficiant d’un statut de protection. Il procède au « masquage » du numéro TAJ (numéro de sécurité sociale hongrois) pour empêcher toute identification immédiate de la procédure au sein du système central.
Cependant, l’opacité demeure sur l’utilisation réelle de cette interface. Les données transmises par l’hôpital indiquent que, entre le 1er janvier 2022 et le 18 août 2025, ce système a été utilisé à 61 reprises. L’institution n’a toutefois pas été en mesure de préciser si ce chiffre correspond à 61 patients distincts ou à des actes multiples pour un nombre réduit d’individus.
Les implications pour la protection des données médicales
Le point de friction principal réside dans la contradiction entre la protection censée être offerte par le système « VIPGuard » et la fuite d’informations vers la sphère médiatique. Bien que l’hôpital soutienne que la transmission des données au KEHI était justifiée par le cadre légal d’un contrôle gouvernemental sur la légalité des soins reçus par l’ancien haut gradé, le processus d’autorisation reste flou.

L’administration hospitalière n’a pas répondu aux questions concernant l’identité précise des personnes ayant autorisé l’extraction des données ni sur les raisons ayant conduit à l’inclusion de ces informations dans un rapport public. Cette affaire souligne les failles potentielles dans le traitement des données de santé lorsque des intérêts politiques et des contrôles administratifs se croisent, transformant le dossier médical d’une personnalité publique en outil de débat politique.

À ce jour, le mystère persiste sur la manière dont des détails aussi précis, censés être protégés par des protocoles de haute sécurité, ont pu alimenter les colonnes de la presse partisane. L’hôpital confirme que les données traitées via « VIPGuard » ne sont pas transmises au système national de santé électronique (EESZT), isolant ainsi ces informations dans une bulle administrative dont les accès restent, pour l’heure, largement inexpliqués.
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