Nomination controversée au Département d’État : un ancien conseiller de Trump confronté à un examen minutieux du Sénat
Washington – La nomination de Jeremy Carl au poste de directeur du Bureau des organisations internationales au sein du Département d’État est au centre d’une vive controverse, après une audition devant la commission des relations étrangères du Sénat qui a révélé un passé marqué par des propos nationalistes blancs et antisémites. Nommé par l’ancien président Donald Trump, Carl doit obtenir la confirmation du Sénat pour occuper ce poste clé, qui sert de lien principal entre le gouvernement américain et des organisations internationales telles que les Nations Unies.
L’audition de jeudi a rapidement tourné au vinaigre, les sénateurs interrogeant Carl sur ses publications sur les réseaux sociaux et ses déclarations antérieures. Un échange particulièrement révélateur a eu lieu avec le sénateur Chris Murphy (D-Conn.), qui a cherché à comprendre la définition de Carl de “l’identité blanche” et ce qu’il estimait avoir été effacé de celle-ci.
“Certains types de culture dérivée anglo-saxonne qui découlent de notre histoire…”, a répondu Carl, hésitant, avant de citer la culture “militaire écossaise-irlandaise” comme exemple, mentionnant également les Italiens et les Irlandais. Face à l’insistance de Murphy, qui lui demandait de distinguer les valeurs qui définissent l’identité blanche de l’identité noire, Carl a évoqué des différences dans le style des églises, les habitudes alimentaires et la musique.
La situation a empiré lorsque Murphy a questionné Carl sur l’idée que l’accès à la culture blanche était en train d’être effacé. Carl a alors affirmé que l’immigration massive avait “balkanisé” ce qu’il décrivait comme la “culture américaine commune”, affaiblissant ainsi le pays. Il a également affirmé qu’il ne s’excuserait pas pour ses commentaires sur la question.
Un tweet du sénateur Murphy, illustrant cet échange, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux : https://twitter.com/ChrisMurphyCT/status/2022050686951719123
D’autres sénateurs ont également confronté Carl à son passé. La sénatrice Jeanne Shaheen (D-N.H.) a rappelé une déclaration de Carl sur un podcast en 2024, où il affirmait que “les Juifs aiment souvent se présenter comme des victimes”. La sénatrice Jacky Rosen (D-Ill.) a lu à haute voix plusieurs autres commentaires problématiques, dont : “Les Juifs aiment se voir comme opprimés” et “Hitler est toujours l’exemple pratique de méchant”.
Le sénateur Tim Kaine (D-Va.) a souligné l’ironie de Carl dénonçant une victimisation de la culture blanche tout en affirmant que les Blancs étaient victimes d’un “génocide culturel”. Il a ensuite interrogé Carl sur la représentation des Blancs dans les institutions politiques et économiques américaines, ce à quoi Carl a répondu en reconnaissant une surreprésentation par rapport à d’autres groupes, mais une sous-représentation par rapport aux Américains d’origine asiatique en termes de revenus.
Malgré ces révélations, la Maison Blanche a réaffirmé son soutien à la nomination de Carl, selon le Washington Post.
La controverse a conduit le sénateur John Curtis (R-Utah) à annoncer son opposition à la nomination, la condamnant pour ses “vues anti-israéliennes et ses remarques insensibles à l’égard du peuple juif”. Cette opposition, combinée à l’opposition unanime des démocrates de la commission, semble sceller le sort de la nomination de Carl.
Cette affaire soulève des questions importantes sur les critères de sélection des hauts fonctionnaires du Département d’État et sur la nécessité d’un examen approfondi des antécédents des candidats, en particulier ceux qui ont exprimé des opinions controversées dans le passé. Elle met également en lumière les tensions persistantes autour des questions d’identité, de race et de culture aux États-Unis, et leur impact sur la politique étrangère.
L’affaire Carl intervient dans un contexte mondial de montée des extrémismes et de remise en question des valeurs démocratiques. La nomination d’une personne ayant des antécédents de propos haineux à un poste clé du Département d’État pourrait envoyer un signal inquiétant à la communauté internationale et nuire à la crédibilité des États-Unis en tant que défenseur des droits de l’homme et de la diversité.
