Suède : Un homme accusé d’avoir exploité sa femme et vendu des rencontres sexuelles à plus de 120 hommes
Stockholm, Suède – La justice suédoise enquête sur un homme de plus de 60 ans, résidant dans le nord du pays, accusé d’avoir exploité sexuellement sa femme et d’avoir organisé des rencontres avec plus de 120 hommes. L’affaire, qui a éclaté en octobre suite à une dénonciation de la victime, soulève des questions sur l’efficacité du “modèle suédois” de lutte contre la prostitution, axé sur la pénalisation de l’achat de services sexuels et du proxénétisme.
La procureure en charge de l’affaire, Ida Annerstedt, a confirmé l’existence de l’enquête et l’implication d’un nombre significatif d’hommes. L’homme, actuellement en détention provisoire, est accusé de proxénétisme aggravé, un crime passible de deux à dix ans de prison en Suède. Il nie les accusations.
“Nous préparons un acte d’accusation solide basé sur les preuves que nous avons recueillies,” a déclaré Annerstedt dans un communiqué. “L’enquête est complexe et nous travaillons à établir tous les faits, y compris les circonstances exactes dans lesquelles ces rencontres ont eu lieu.”
L’affaire est particulièrement sensible car elle met en lumière la difficulté de détecter et de poursuivre les formes d’exploitation sexuelle qui se déroulent dans le cadre privé. La procureure s’est refusée à commenter si la femme avait agi sous la contrainte ou si elle avait été droguée, laissant planer un doute sur le niveau de violence et de contrôle exercé par son mari.
Deux hommes soupçonnés d’avoir acheté des services sexuels à la victime ont déjà été inculpés et risquent jusqu’à un an de prison. La police n’exclut pas de nouvelles inculpations, la législation suédoise sanctionnant également l’achat de services sexuels, même en ligne.
Le “modèle suédois” sous la loupe
La Suède a été le premier pays au monde à criminaliser l’achat de services sexuels en 1999, dans le but de réduire la demande et de protéger les personnes prostituées, considérées comme des victimes de la traite et de l’exploitation. Selon les données de l’ONU, la traite des êtres humains, souvent à des fins d’exploitation sexuelle, reste un problème mondial majeur, affectant des millions de personnes chaque année. Bien que le “modèle suédois” ait été salué par certains comme une approche progressiste, il a également été critiqué pour avoir poussé la prostitution dans la clandestinité, rendant les personnes prostituées plus vulnérables et plus difficiles à atteindre pour les services de soutien.
“Cette affaire souligne les limites du modèle suédois,” explique Anna Lindström, experte en droit pénal et spécialiste de la prostitution à l’Université de Stockholm. “Il est essentiel de renforcer les mesures de protection des victimes et de lutter contre toutes les formes d’exploitation, y compris celles qui se produisent dans le cadre familial.”
L’accusation formelle contre le mari est prévue pour le 13 mars, et le procès devrait débuter peu de temps après. L’affaire promet d’alimenter le débat sur la meilleure façon de lutter contre la prostitution et de protéger les droits des personnes vulnérables.
[Intégration potentielle d’un tweet pertinent sur le débat autour du modèle suédois, ou d’une courte vidéo explicative sur la législation suédoise en matière de prostitution.]
