Un nuage toxique, généré par un incendie dans une usine de recyclage à Oreokastro, près de Thessalonique, s’est propagé jusqu’en Attique, selon des experts. L’incendie, maîtrisé le 5 juillet 2026, a libéré des milliers de substances chimiques et de particules fines PM2.5, soulevant des inquiétudes majeures sur la santé publique dans plusieurs régions de Grèce.
Risques sanitaires et composition du nuage toxique
L'incendie survenu dans une installation de recyclage à Oreokastro a transformé la qualité de l'air en une menace complexe. Le professeur de chimie analytique à l'Université d'Athènes, Nikos Thomaïdis, a précisé lors d'une intervention sur ERTnews que le nuage contient des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des dioxines, des composés organiques volatils et des métaux lourds.

La combustion de déchets industriels, notamment les polymères plastiques, génère des sous-produits de dégradation thermique dont la toxicité est largement documentée par les agences de santé environnementale. Ces substances sont connues pour leur persistance dans l’environnement et leur potentiel bioaccumulable. La préoccupation principale concerne les particules fines PM2.5, capables de pénétrer profondément dans les voies respiratoires et de passer directement dans le flux sanguin, provoquant des réponses inflammatoires systémiques.
Le professeur Thomaïdis insiste sur le fait que l’irritation est un signal d’alerte critique :
“Το πρώτο σύμπτωμα είναι ο ερεθισμός. Η οσμή μάς ειδοποιεί ότι πρέπει να προστατευτούμε. Όταν αρχίζει ο ερεθισμός, σημαίνει ότι έχουμε περάσει σε επίπεδο σοβαρής έκθεσης.” Nikos Thomaïdis, professeur de chimie analytique, via ERTnews
Propagation atmosphérique et mesures de protection
Contrairement aux attentes initiales, le nuage ne s'est pas limité à la périphérie de Thessalonique. Les polluants devraient se disperser sur une vaste zone incluant le sud de la mer Égée et la Méditerranée méridionale, suivant les courants atmosphériques dominants du moment.

Le comportement des panaches de fumée industrielle dépend étroitement des conditions météorologiques, notamment de la stabilité thermique de l’atmosphère. Dans ce cas précis, le transport à longue distance des particules fines a été facilité par les vents en altitude, permettant au nuage de franchir des centaines de kilomètres avant de se dissiper. Ce phénomène souligne la difficulté de la gestion des risques lors d’incendies industriels, où la zone d’impact dépasse largement le périmètre immédiat du sinistre.
Pour les personnes vulnérables — notamment celles souffrant de pathologies respiratoires ou cardiaques — les recommandations sont strictes. Les autorités sanitaires et les experts conseillent de rester en intérieur, fenêtres closes, pendant quatre à cinq jours. Concernant l’utilisation de la climatisation, le professeur Thomaïdis a précisé une consigne technique essentielle : les appareils doivent impérativement être réglés en mode « recyclage d’air intérieur » pour éviter d’aspirer les polluants extérieurs. Cette pratique empêche l’admission d’air vicié chargé en particules fines et en gaz toxiques, limitant ainsi l’exposition à l’intérieur des habitations.
Polémiques politiques autour de l’origine du sinistre
En marge de la crise environnementale, l’incendie a suscité des tensions politiques. Maria Karystianou, présidente du mouvement Elpida gia ti Dimokratia (Espoir pour la Démocratie), a interrogé le gouvernement sur d’éventuels liens entre cet incendie et des projets d’installation d’éoliennes dans la zone d’Oreokastro, suggérant une possible négligence des mesures de prévention.

Le débat sur l’utilisation des sols et la prévention des incendies est un sujet récurrent dans le paysage politique grec, particulièrement lorsqu’il s’agit de zones périurbaines où l’activité industrielle côtoie des espaces naturels. La question de la responsabilité dans la gestion des déchets industriels est également au cœur des préoccupations des riverains, qui réclament des inspections plus rigoureuses des sites de recyclage et de stockage.
Le ministre de l’Environnement et de l’Énergie, Stavros Papastavrou, a fermement rejeté ces allégations, les qualifiant de fabrication pure et simple lors d’une déclaration sur MEGA. Le ministre a affirmé qu’aucun projet de ce type n’existe à Oreokastro. Il a utilisé les termes suivants pour désigner les accusations de Mme Karystianou :
Le traumatisme des feux périurbains
Si le service d'incendie a réussi à contrôler les flammes durant la nuit, le "nuage toxique de 20 kilomètres" a forcé les habitants à vivre sous surveillance constante, rappelant le besoin impératif de protéger les espaces verts et d'investir dans une meilleure gestion des risques environnementaux à long terme.
Historiquement, les incendies touchant des centres de tri ou des usines de recyclage présentent des défis logistiques majeurs pour les pompiers, en raison de la nature hétérogène des matériaux stockés. La gestion des résidus après l’extinction, incluant le traitement des eaux d’extinction contaminées et le déblaiement des débris, constitue une phase critique pour éviter une pollution secondaire des sols. La vigilance des autorités locales et des services environnementaux reste maintenue pour surveiller la qualité de l’air dans les jours suivant l’extinction, afin de garantir que les niveaux de concentration des polluants reviennent à des seuils conformes aux normes de sécurité publique.
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