Une étude clinique menée par le Mass General Brigham suggère que le vaccin BCG, traditionnellement utilisé contre la tuberculose, pourrait remodeler l’immunité du système nerveux central. Des chercheurs ont observé une meilleure réactivité immunitaire chez 23 adultes âgés de 55 ans et plus, sans augmenter l’inflammation cérébrale, offrant une piste potentielle pour la prévention précoce de la maladie d’Alzheimer.
Le vaccin BCG et la réponse immunitaire cérébrale
Des chercheurs du Mass General Brigham ont exploré les effets « hors cible » du vaccin BCG (Bacillus Calmette-Guérin) sur le système nerveux central. Contrairement aux vaccins classiques axés sur la prévention des maladies infectieuses, le BCG semble entraîner une forme d’immunité plus large, appelée « immunité entraînée ». Selon Medical News Today, cette étude, publiée dans Communications Medicine, a suivi 23 participants pendant 12 mois pour évaluer si cette protection pouvait s’étendre aux cellules immunitaires entourant le cerveau et la moelle épinière.

L’une des découvertes majeures concerne la capacité du vaccin à renforcer la réactivité des cellules immunitaires sans provoquer d’inflammation chronique. Comme l’a souligné le Dr Marc Weinberg, co-premier auteur de l’étude :
« Cette distinction est importante car l’inflammation chronique dans le cerveau est déjà considérée comme faisant partie de la biologie de la maladie d’Alzheimer. L’inflammation peut être utile lorsqu’elle est de courte durée et correctement ciblée, mais lorsque la signalisation inflammatoire reste activée au fil du temps, elle peut endommager les tissus et contribuer à la progression de la maladie.
Impact sur les biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer
L’étude a révélé une divergence marquée en fonction de l’état neurologique des participants. Chez les 12 individus ne présentant aucun signe de pathologie liée à Alzheimer, le vaccin a provoqué une modification significative des niveaux de bêta-amyloïde. Les chercheurs ont observé une diminution de cette protéine dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) et une augmentation corrélative dans la circulation sanguine, suggérant un mécanisme de « nettoyage » ou de clairance amélioré du cerveau.

Cependant, cet effet n'a pas été constaté chez les 11 participants présentant déjà des preuves biologiques de la maladie d'Alzheimer. Steven Arnold, MD, directeur du centre Interdisciplinary Brain Center au Mass General Brigham Neuroscience Institute, a précisé le potentiel de cette découverte :
« Le système immunitaire et le cerveau pourraient être bien plus connectés que nous ne le pensions autrefois. La prochaine étape consiste à tester cela rigoureusement dans des études plus vastes et contrôlées, en particulier dans la prévention, où l’espoir serait de préserver la santé cérébrale avant que la maladie d’Alzheimer significative ne se développe.
Limites et perspectives de recherche
Bien que les résultats soient encourageants, les auteurs insistent sur la nécessité de rester prudent. L'étude était ouverte (non aveugle) et ne comportait pas de groupe témoin sous placebo, ce qui limite les conclusions définitives sur l'efficacité clinique.

Les prochaines étapes devront répondre à des questions cruciales :
- La confirmation de ces résultats dans des essais contrôlés par placebo de plus grande envergure.
- La détermination du moment optimal pour l’intervention vaccinale chez les patients à risque.
- L’analyse de la durabilité de cette « immunité entraînée » au sein du système nerveux central.
Il est essentiel de noter que ces recherches portent sur une stratégie de vaccination chez des adultes âgés et ne permettent pas d’extrapoler les effets à long terme d’une vaccination BCG reçue durant l’enfance. Toute question concernant la prévention ou le traitement de troubles cognitifs doit faire l’objet d’une consultation avec votre professionnel de santé.
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