Gene Simmons persiste dans sa critique du hip-hop au Rock and Roll Hall of Fame, déclenchant une réponse de Chuck D
NEW YORK – La polémique continue de faire rage autour de l’inclusion du hip-hop au sein du Rock and Roll Hall of Fame. Gene Simmons, bassiste emblématique du groupe KISS, a réaffirmé ses doutes quant à la légitimité de ce genre musical au sein de l’institution, suscitant une vive réaction de Chuck D, leader du groupe Public Enemy.
Les déclarations de Simmons, faites initialement sur le podcast Legends and Leaders, ont ravivé un débat persistant sur la définition du rock and roll et la place des genres musicaux dérivés dans son panthéon. Simmons a notamment exprimé son incompréhension face à l’induction de groupes comme Grandmaster Flash alors qu’Iron Maiden n’y figure toujours pas. Il a également formulé des commentaires maladroits, interprétés par beaucoup comme une critique à connotation raciale, affirmant que le hip-hop ne correspondait pas à son expérience personnelle : “Ce n’est pas ma musique. Je ne viens pas du ghetto. Ça ne parle pas ma langue.”
Chuck D, lui-même intronisé au Rock and Roll Hall of Fame avec Public Enemy en 2013, a répondu à Simmons via les réseaux sociaux et lors d’une interview accordée à TMZ. Il a souligné que la notion de “rock and roll” a évolué depuis les années 1960, englobant une multitude de genres musicaux. “Tout ce qui n’est pas du rock, quand le rock ‘n’ roll s’est fragmenté dans les années 60, c’est le ‘roll’”, a-t-il expliqué. “La musique soul, le reggae, le hip-hop… le hip-hop est une culture, il englobe le visuel, le son, le récit et le style.”
Chuck D a également estimé que KISS, bien que légendaire, manquait de cette “énergie” propre au “roll”.
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Simmons a ensuite doublement mis le pied dans le plat en réaffirmant sa position dans une interview accordée à People, déclarant qu’il “reste fidèle à ses propos”. Il a tenté de justifier ses remarques en affirmant que le terme “ghetto” était d’origine juive et en soulignant que le rock and roll devait tout à la musique noire. “Le rock ‘n’ roll doit tout à la musique noire. Toutes les grandes formes de musique américaine doivent leurs racines à la musique noire”, a-t-il déclaré.
Cette controverse n’est pas nouvelle. En 2016, Simmons avait déjà exprimé son aversion pour le hip-hop suite à l’induction de NWA au Rock and Roll Hall of Fame, allant jusqu’à déclarer qu’il attendait “la mort du rap”. MC Ren, membre de NWA, avait alors répondu à Simmons lors de la cérémonie, affirmant que “le hip-hop est là pour toujours”.
L’incident souligne une tension plus large concernant la définition de la musique “rock and roll” et la reconnaissance de l’influence de la musique noire sur l’ensemble de la culture musicale américaine. Le Rock and Roll Hall of Fame, créé en 1986, a pour mission de préserver et de célébrer l’histoire du rock and roll et de ses influences. L’inclusion du hip-hop, qui a connu une croissance exponentielle depuis les années 1970, est perçue par certains comme une dilution de l’identité originelle de l’institution, tandis que d’autres la considèrent comme une reconnaissance nécessaire de l’évolution de la musique populaire.
Selon les données de la RIAA (Recording Industry Association of America), le hip-hop/rap est devenu le genre musical dominant aux États-Unis en 2017, représentant 34,6% des revenus totaux de l’industrie musicale. Ce chiffre témoigne de l’impact culturel et économique considérable du hip-hop, qui continue de façonner le paysage musical mondial.
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La réaction de Chuck D, saluée par de nombreux observateurs, rappelle l’importance de la musique comme vecteur de récit et d’expression culturelle. Le débat, loin d’être clos, continue d’alimenter la discussion sur la place du hip-hop dans l’histoire de la musique et son héritage durable.
