La justice confirme le maintien en détention d’Alex Mufumbiro à l’approche des élections de 2026
La magistrate en chef de Kanyanya, Doreen Ainembabazi, a rejeté une demande de révision déposée par Alex Mufumbiro, porte-parole adjoint de la National Unity Platform (NUP), et ses coaccusés, confirmant ainsi leur maintien en détention provisoire. Cette décision survient alors que le climat politique s’intensifie à l’approche des élections générales de 2026.
Absence de compétence pour réviser la décision de mise en liberté sous caution
La demande déposée par la défense visait à contester une décision initiale de la magistrate de premier grade, Damalie Agumasimwe, qui avait refusé la libération sous caution des prévenus. Les avocats de Mufumbiro soutenaient que le magistrat de première instance avait exercé sa discrétion de manière erronée.
Cependant, la magistrate en chef Ainembabazi a statué que son tribunal n’avait pas la compétence juridique nécessaire pour réviser une décision de mise en liberté sous caution rendue par un autre magistrat. Elle a précisé que le recours approprié pour une partie lésée consiste à faire appel devant la Haute Cour. Selon la magistrate, Mme Agumasimwe avait correctement exercé son pouvoir discrétionnaire, notant que les accusés n’avaient pas présenté de garants crédibles et que certains documents fournis à l’appui de leur demande étaient inadéquats.
Risques allégués pour le processus électoral et les enquêtes
Le maintien en détention repose sur les arguments de l’accusation, qui a convaincu le tribunal qu’une libération des accusés pourrait compromettre les enquêtes en cours, interférer avec les témoins et perturber le processus électoral. Le tribunal a également pris en compte le fait que Mufumbiro et ses coaccusés sont poursuivis pour des activités liées à des entraînements militaires présumés illégaux, des accusations qu’ils nient formellement.
Par ailleurs, dans une affaire distincte traitée devant le tribunal de Nakawa, la magistrate en chef Ritah Neumbe Wannyana a également refusé la liberté sous caution à Alex Mufumbiro. Dans ce dossier, il est accusé d’avoir incité des partisans à attaquer des membres des forces de sécurité et d’incitation au meurtre. La magistrate Wannyana a souligné que, s’il était libéré, Mufumbiro retrouverait l’accès aux plateformes de communication qu’il aurait utilisées pour commettre ces infractions, augmentant ainsi le risque d’interférence avec les témoins.
Réactions de la défense et perspective de recours

À la suite du rejet de la demande de révision, les avocats de la défense ont sollicité des copies certifiées des procédures afin de préparer un appel devant la Haute Cour. Maître Samuel Muyizzi, avocat de la défense, a exprimé son désaccord avec la décision. « Nous restons confiants que la Haute Cour examinera indépendamment le bien-fondé de la demande de nos clients et leur accordera le soulagement qu’ils méritent », a-t-il déclaré.
Mufumbiro, de son côté, a maintenu lors de ses comparutions que les charges retenues contre lui sont motivées par des considérations politiques visant à réprimer l’opposition. Il a affirmé que son soutien à Bobi Wine ne constitue pas un crime et que sa propre liberté est « en procès ».
Développements autour des négociations de plaidoyer
Une nouvelle tournure est apparue lorsque l’accusation a informé le tribunal que 13 des personnes accusées avaient exprimé leur intérêt pour entamer des négociations de plaidoyer avec l’État. Toutefois, cette démarche a rencontré l’opposition des avocats de la défense. Ces derniers ont fait valoir que, le dossier ayant déjà été appelé par la Haute Cour, il n’était pas clair comment de telles procédures pouvaient se dérouler devant le tribunal de première instance. La magistrate Ainembabazi a ordonné à l’accusation de se conformer d’abord aux procédures légales régissant les négociations de plaidoyer avant que le tribunal puisse examiner toute demande en ce sens.
Alors que Mufumbiro et ses coaccusés demeurent en détention depuis plus de six mois, ce dossier illustre les tensions croissantes entre les autorités judiciaires et les figures de l’opposition dans un contexte pré-électoral. Tandis que la NUP dénonce une répression visant à affaiblir ses efforts de mobilisation, les agences de sécurité maintiennent qu’elles répondent à des menaces légitimes, affirmant que l’appartenance politique ne soustrait personne à l’application de la loi.
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