Des milliers d’Iraniens ont convergé vers Téhéran le samedi 4 juillet 2026 pour le début des cérémonies funéraires de l’ancien guide suprême Ali Khamenei. Selon AFP, cet événement massif vise à envoyer un message de défi à l’Occident après le conflit armé impliquant les États-Unis et Israël.
Le déploiement symbolique au complexe Grand Mosalla

Le Grand Mosalla de Téhéran a ouvert ses portes à des milliers de fidèles ayant attendu toute la nuit. À 5h30 du matin, les rues environnantes étaient déjà saturées de manifestants portant des drapeaux et des portraits du défunt guide. Selon The Guardian, environ 10 000 personnes occupaient la mosquée à 8h00, avec une ségrégation stricte : les hommes à droite et les femmes à gauche.
L’atmosphère était marquée par des chants récurrents et des slogans radicaux. Les cris de « mort à l’Amérique » et « mort à Israël » dominaient les lieux, accompagnés par le bruit des cymbales et des tambourins.
L’organisation a mis en place des mesures pour contrer la chaleur intense, les températures pouvant atteindre 40°C. Des brumisateurs d’eau ont été installés et des centaines de stations de nourriture, appelées mokebs, ont distribué gratuitement des œufs bouillis, de la soupe halim, des kebabs et des boissons.
Le bilan humain et le calendrier des funérailles

Ali Khamenei, âgé de 86 ans et au pouvoir depuis 1989, a été tué le 28 février lors d’une frappe israélienne marquant le premier jour de la guerre. Cette attaque a également coûté la vie à plusieurs membres de sa famille et à de hauts responsables.
| Étape du voyage funéraire | Lieu / Destination | Date prévue |
|---|---|---|
| Début des cérémonies | Téhéran | Samedi 4 juillet |
| Transfert clérical | Qom | Mardi |
| Passage religieux | Irak (Karbala et Najaf) | Mercredi |
| Sépulture finale | Mashhad | Jeudi |
Le cercueil du guide reposait sur un podium surélevé aux côtés de quatre autres membres de sa famille. Parmi eux, celui de sa petite-fille, Zahra Mohammadi Golpaygani, âgée de seulement 14 mois, dont le petit cercueil a été mis en évidence selon les médias d’État.
Une mobilisation politique entre douleur et vengeance
Le régime utilise ces funérailles comme un outil de communication politique. Les organisateurs affirment que jusqu’à 30 millions de personnes pourraient participer aux processions sur six jours et cinq villes. À Téhéran seule, les autorités espèrent mobiliser plus de 10 millions de personnes.
“Le guide était un père pour nous tous. Avec son départ, nous avons tous été laissés orphelins… Il n’y avait personne comme lui. Il était vraiment unique et sans pareil.”
Mohammad Mirsalehi, clerc, via AFP
Cette volonté de manifester la force populaire intervient dans un climat d’incertitude. AFP rapporte que le gouvernement a été ébranlé par des manifestations massives en janvier, lesquelles auraient été réprimées par un crackdown ayant causé la mort de milliers de personnes.
L’appel à la violence est explicite parmi les participants. Un étudiant de 18 ans, Hamidreza Shabani, a déclaré : « Nous devons nous lever et, si Dieu le veut, venger le sang de notre guide ».
L’ombre de la succession et les tensions diplomatiques
Si la foule acclame le nouveau guide suprême — le fils d’Ali Khamenei — la situation reste floue. Le successeur désigné, Mojtaba Khamenei, n’a pas été vu en public depuis sa nomination, selon les rapports d’AFP.
Côté diplomatique, le contexte est celui d’une trêve fragile. Après cinq semaines de guerre, un cessez-le-feu et un accord initial avec les États-Unis ont été conclus. Cependant, la menace persiste : les États-Unis et l’Iran ont tous deux averti qu’ils étaient prêts à reprendre les combats à tout moment.
Parallèlement, la région reste instable. Selon The Times of Israel, un accord cadre soutenu par les États-Unis vise à mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah, demandant le désarmement de ce groupe soutenu par l’Iran. Le Hezbollah a rejeté cet accord, faute de calendrier précis pour le retrait israélien du sud du Liban.
Analyse : Un test de légitimité pour le nouveau régime
L’ampleur de ces funérailles dépasse le cadre religieux. En orchestrant un événement de cette échelle, Téhéran cherche à combler le vide laissé par la disparition d’un dirigeant qui a dominé la scène politique pendant 37 ans. La présence de drapeaux jaunes du Hezbollah parmi la foule souligne la volonté de maintenir l’unité de l’« axe de la résistance » malgré la perte de son pivot central.
Le contraste est frappant entre la ferveur organisée au Grand Mosalla et le calme inhabituel des rues de Téhéran avant le début des cérémonies. Certains résidents ont même quitté la capitale pour éviter les perturbations. Ce décalage suggère que si le noyau dur du régime et les fidèles sont mobilisés, une partie de la population reste prudente ou désengagée face à ce nouveau cycle de vengeance.
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