Cette décision, confirmée par la rédaction du journal ce 26 juin 2026, intervient après des critiques méthodologiques et des doutes sur la robustesse des conclusions, selon des sources internes et des experts en oncologie consultés par Santé.
Les failles méthodologiques à l’origine de la rétraction
Ces résultats, largement relayés par les médias, avaient influencé des protocoles cliniques dans plusieurs hôpitaux européens.
« Les auteurs ont reconnu que certaines hypothèses sur les variations hormonales liées au rythme veille-sommeil n’étaient pas suffisamment étayées par les données disponibles », explique Kamran Abbasi, rédacteur en chef du BMJ, dans un entretien avec The BMJ. « Notre comité d’éthique a décidé de retirer l’article pour éviter toute confusion dans la prise en charge des patients. » Le journal précise que cette mesure ne remet pas en cause l’intérêt de la chronothérapie en oncologie, mais souligne la nécessité de « designs d’études plus rigoureux » pour évaluer son impact réel.
Pourquoi cette étude a-t-elle été retirée ?
Pire : les horaires d’administration n’étaient pas systématiquement vérifiés dans les dossiers patients, certains centres déclarant des « plages horaires larges » (par exemple, 7h–11h) plutôt que des créneaux précis.
Conséquences limitées pour les patients et ajustements nécessaires en recherche
Quelles conséquences pour les patients et la recherche ?
Contrairement à ce que certains médias ont suggéré, le retrait ne signifie pas que les horaires des traitements anticancéreux deviennent indifférents. « La chronobiologie reste un domaine prometteur, mais les preuves doivent être solides », tempère le Pr. Abbasi.
Pour les patients déjà traités selon les recommandations de l’étude retirée, les oncologues consultés par Santé rassurent : aucun ajustement n’est nécessaire en urgence. « Les protocoles individuels doivent être évalués au cas par cas », précise un porte-parole de la Société Française de Radiothérapie Oncologique (SFRO). En revanche, les centres participant à des essais cliniques sur la chronothérapie sont invités à revoir leurs critères d’inclusion, comme le recommande le BMJ dans un guide mis à jour ce mois-ci.
Renforcement des contrôles méthodologiques pour éviter de nouvelles erreurs
Et maintenant ?
Cette affaire relance le débat sur la fiabilité des méta-analyses, souvent perçues comme des « boîtes noires » par les cliniciens. « Le BMJ a pris les devants en instaurant un comité dédié à l’évaluation des risques méthodologiques, avec des statisticiens indépendants », annonce le journal.
Pour les chercheurs, l’enjeu est double : éviter les biais tout en accélérant la diffusion des connaissances. « Il faut trouver un équilibre entre rapidité et rigueur », souligne le Dr. Abbasi. L’utilisation croissante de protocoles préenregistrés (comme ceux de la plateforme ClinicalTrials.gov), qui obligent les auteurs à détailler leurs méthodes avant même de commencer l’analyse.
- Critères : Biais de sélection, données non vérifiables et absence de coopération des auteurs ont motivé cette décision.
- Impact : Aucun changement immédiat pour les patients, mais les protocoles de recherche doivent être revus.
Consultez toujours votre oncologue pour adapter votre traitement, et suivez les mises à jour des essais cliniques en cours.
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